1/21/2012

Une autre révolution

Le monde de moins en moins petit de l’autoédition a connu sa petite révolution cette semaine, avec une annonce proprement révolutionnaire d’Apple, soit la sortie conjointe d’iBook 2 et de IBook Author, qui permettront aux étudiants d’acheter leurs manuels sur la boutique d’Apple pour une fraction du prix actuel et aux éditeurs d’avoir accès à un outil puissant et gratuit pour monter ces manuels.

Le sang de plusieurs auteurs n’a fait qu’un tour. Un outil gratuit pour monter des livres numériques? Sans code, avec du contenu riche? Un nouvel Eldorado s’ouvrait.

Les bémols

iBook Author permet de publier sur la boutique d’Apple d’Apple d’un seul clic. Si vous désirez demander rétribution, une clause vous oblige à ne diffuser ce fichier que sur cette boutique. Le contenu lui-même reste votre propriété et le fichier, à l’instar des livres d’Amazon, ne peut-être lu que sur iPad. Pas l’ombre d’un scandale ici.

Reste que iBook Author ne permet pas de créer un ePub basique (de un) et je ne suis pas certain qu’Apple a l’intention de laisser les écrivaillons de tout poil publier sans sourciller dans sa boutique. Pour plusieurs raisons.

Premièrement, Apple n’a pas soufflé un mot sur un autre usage que celui des manuels scolaires. Avant de crier au miracle, j’attendrai donc qu’un écrivain témoigne avoir envoyé un roman et en avoir vendu.

Deuxièmement, il y a la question épineuse du droit d’auteur. Cette question s’est posée sur Amazon, où des individus sans scrupule se sont emparés des livres d’autres personnes et les ont publiés après avoir collé leur pseudonyme sur la couverture. Amazon, fort de sa domination écrasante dans le domaine, réagit peu ou pas, selon le cas. Apple, qui a une tradition assez lourde de contrôle et une image à protéger, pourrait adopter une autre solution, comme le contrôle systématique des entrées. Ça leur ressemblerait.

Enfin, et ceci concerne surtout les francophones, la boutique d’Apple ne vaut pas un clou concernant les livres en français. Il suffirait pourtant permettre un classement par langue.

Avec l’explosion des ventes de tablettes, de liseuses et surtout de téléphones «intelligents», il y a maintenant une masse critique importante de francophones capables de consommer des livres numériques. Ce qui manque désormais, c’est une offre pensée pour les consommateurs francophones. En l’absence de cette offre, le marché ne décolle pas. En l’absence de marché, l’offre ne vient pas. C’est le cercle vicieux.

Et l’espoir

Les réactions à l’annonce d’Apple démontrent qu’il y a un appétit pour une solution simple de publication numérique. Si l’outil d’Apple ne devait pas offrir de débouchés, il est possible cependant qu’un autre dévelopeur entende cet appel. En attendant, j’attends les premières nouvelles d’une utilisation littéraire de iBook Author. Les doigts croisés.

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