3/12/2012

Déménagement des Chemins Obscurs

J’ai décidé de déporter ce blogue vers un serveur dédié. Vous pouvez le retrouver, ainsi que tous ses billets, à l’adresse suivante:

http://philippe-roy.cheminsobscurs.com

L’utilisation de Wordpress me permettra de déployer de meilleures options de navigation et me donnera davantage de souplesse. Je veux également donner plus de visibilité à mon domaine, cheminsobscurs.com.

Depuis un an, ce blogue a donné un peu plus de douze mille pages à lire. Je ne m’attendais pas à un tel succès. Désolé pour les interruptions de service des deux derniers jours, et merci de votre fidélité.

3/01/2012

L’état de la révision

 Book of a Thousand Words by Pez Cuckow (PezCuckow) on 500px.com
Book of a Thousand Words by Pez Cuckow

Mine de rien, à raison de quelques pages chaque soir, j’en suis arrivé à la moitié de mon manuscrit, qui va chercher dans les 520 pages en Georgia 14 points (donc un peu plus de quatre cents pages en Times New Roman 12 points).

J’expérimente une nouvelle méthode de révision, sur iPad, directement à partir du pdf que j’annote avec un stylet. Ça économise l’impression, ce qui n’est pas négligeable avec ce genre de volume. Bien sur, ça ne bat pas le bon vieux stylo, mais à ce stade, où il s’agit surtout de rayer du texte inutile et corriger les dernières fautes de français, c’est parfaitement suffisant. L’outil de notes de mon logiciel suffit aux remarques plus étoffées.

Projets concernant les Chemins Obscurs

Concernant la maison d’édition les Chemins Obscurs, j’ai un nouveau texte prévu pour publication. Je cherche un éditeur capable de le réviser pour moi. Faites moi signe si vous êtes intéressé, en commentaire, ou dans la section emploi du site des Éditions les Chemins Obscurs.

2/26/2012

Édition vs autoédition: une courte réflexion

Writer's desk by Anton Treskunov (snusnumrick) on 500px.com
Writer's desk by Anton Treskunov

Bon, le bateau est lancé et démarre (très) lentement.

Pour ceux qui n’auraient pas suivit, j’ai démarré (d’abord dans un infâme but d’autoédition) ma propre maison d’édition consacrée au fantastique.

Il y aurait beaucoup à dire sur le démarrage d’une maison, accompagné du codage (assez laborieux, si l’ont veux faire les choses correctement) d’un livre numérique. Comme il y a beaucoup à faire aussi, je vais me contenter de quelques commentaires à propos de trucs qui me font un peu dresser les poils.

Vraie et fausse édition

Alors, les Chemins Obscurs, une vraie maison d’édition? Si. Il suffit de le dire et de le faire pour l’être (et ce n’est pas si facile). Si vous avez une boutique mobile qui vend des biscuits, vous êtes un vendeur de biscuits. Vous écrivez des histoires, vous êtes un écrivain. Vous éditez des livres, vous êtes un éditeur. Bon ou mauvais? Nous en reparlerons, parce que ça n’a aucun rôle à jouer ici.

Il y a beaucoup de tirage de poils à propos de ce que serait un «vrai» éditeur. De ce qu’il doit être, de ce qu’il doit savoir et de ce qu’il doit faire. Reste un fait indéniable: personne ne peut devenir éditeur sans devenir éditeur. On n’apprend pas ce métier sans se mettre les mains dans le cambouis. Il faut y aller, faire de son mieux, apprendre (de ses erreurs, la plupart du temps). Il n’y a pas d’autre manière. Pas de science infuse, pas d’épiphanie.

Je ne cherche pas à devenir millionnaire (mais j’aimerais bien). Je le fais d’abord parce que j’en ai marre de regarder passer la révolution de l’arrière banc, parce que je veux essayer et parce que je ne peux pas perdre. Dans le pire cas, avec pas un livre vendu, j’aurai appris. J’en ai déjà appris des masses, développé des compétences, noué des contacts, et ça continue.

2/18/2012

Lancement des Éditions les Chemins Obscurs



Il y a déjà un moment, j’ai parlé sur ce blogue de mon intention de tenter l’autoédition. Et bien c’est maintenant chose faite!

La forme courte

Le premier livre que je publie est donc l’Horloge vivante, une assez longue nouvelle déjà publiée dans Solaris. De cette manière, je peux profiter de la rigoureuse direction littéraire d’Elisabeth Vonarburg et de l’attentive révision littéraire de la revue Solaris, qui n’a plus rien à prouver à personne. En guise de cadeau, j’ajoute la fin alternative initialement refusée par Solaris, à la manière d’un supplément DVD. Ceux qui déjà lu l’histoire pourront lire cette version à part et se faire leur propre idée.

La forme courte semble avoir remporté un certain succès dans le monde anglo-saxon, aussi je tente l’expérience moi-même. Le livre sera vendu sous forme numérique à un dollar en prévente sur le site Indigogo, un site de crowdfunding (je serais reconnaissant pour un terme français approprié).

En l’état, l’Horloge vivante est une assez longue nouvelle, de quoi occuper un trajet moyen en autobus.

La forme papier

Je complète en ce moment la mise en page d’une version papier, qui sera disponible en impression sur demande en même temps que la version numérique, à la mi-avril. Je dois en demander 10 $ et il comptera, avec le supplément, une cinquantaine de pages. Une nouvelle seule est assez difficile à vendre sous forme papier parce que le texte est court et que les coûts initiaux sont presque les même que pour un livre plus long, mais je sais que c’est la seule manière pour plusieurs de lire un livre.

Formats et DRM?

Le fichier numérique envoyé comptera une version epub, mobi et pdf, ce qui permettra de le lire avec toutes les liseuses du commerce, y compris le Kindle, le Kobo et les liseuses Sony. Vous pouvez également lire les epub à l’aide de la plupart des tablettes (je révise le livre à l’aide de mon iPad) ainsi que des iPod Touch et des téléphones intelligents.

Pourquoi Indigogo?

Le crowdfunding permet aux amateurs de financer un projet auxquels ils croient en donnant ou en achetant d’avance un produit. Ce modèle fait actuellement fureur, et je crois que c’est l’une des plus belles choses qu’ait apporté Internet.

Cependant, il ne s’agit pas d’un véritable projet de crowdfunding, puisque le livre paraîtra le 19 avril, que l’objectif fixé de 500 $ soit atteint ou non (à vrai dire, je serais extrêmement surpris qu’il soit atteint — cela me placerait d’emblée bestseller numérique). Le livre est déjà en phase de révision, je travaille seulement sur quelques bonus dont je ne vous parlerai pas toute suite — et la révision, parce que certains outils ont une mauvaise manie de jouer avec le code (grr!). Indigogo me laisse cependant une bien meilleure marge que n’importe quelle boutique en ligne. Après le lancement, le livre pourra être acheté normalement chez Amazon et, je l’espère, beaucoup d’autres boutiques.

Si vous avez déjà lu mes billets, vous savez tout le bien que je pense des DRM. Il n’y en aura pas. Jamais. Vous achetez le livre, il est à vous.

Une maison d’édition?

Pour certaines raisons, la manière la plus commode de lancer le livre fut de créer une nouvelle maison d’édition, les Chemins Obscurs. Oui, c’est une vraie maison d’édition, mais toute petite. Oui, il y a d’autres livres de prévus. Au moins un cette année, j’espère deux. Oui, vous pouvez envoyer vos manuscrits, vérifiez sur le site. Ceci dit, ma vie est orientée en fonction de quatre priorités: ma famille, survivre (donc mon travail de jour), écrire et, ensuite seulement, les Éditions les Chemins Obscurs. Déduisez-en ce que vous voulez.

À ce stade, les Chemins Obscurs publieront en numérique et en impression sur demande, à travers les canaux de vente habituels sur Internet (lire: Amazon, et peut-être le site des éditions, en temps utiles). C’est une opportunité en or si vous avez des textes déjà parrus mais épuisés. Dans ce cas, j’offrirai des conditions mirobolantes qui chercheront à équilibrer des ventes sans doute modestes au début (mais tout de même mieux que rien).

En attendant, je compte continuer à soumettre mes textes à d’autres canaux d’édition (lire: revues et maisons d’éditions bien établies).

Il y aura bientôt un article dédié à cette nouvelle maison. En attendant, je vous suggère de vous inscrire sur le site afin de recevoir les nouvelles. Je ne vous inonderai pas, c’est promis!

Pour la communauté

De petits pas-à-pas sont déjà en production pour décrire la mise en page de la version papier ainsi que la merveilleuse couverture que vous pouvez voir plus haut. Ils seront ;ubliés ici même, j’espère bientôt.

N’hésitez pas à propager la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux. L’Horloge vivante, c’est une bonne nouvelle ;)

1/21/2012

Une autre révolution

Le monde de moins en moins petit de l’autoédition a connu sa petite révolution cette semaine, avec une annonce proprement révolutionnaire d’Apple, soit la sortie conjointe d’iBook 2 et de IBook Author, qui permettront aux étudiants d’acheter leurs manuels sur la boutique d’Apple pour une fraction du prix actuel et aux éditeurs d’avoir accès à un outil puissant et gratuit pour monter ces manuels.

Le sang de plusieurs auteurs n’a fait qu’un tour. Un outil gratuit pour monter des livres numériques? Sans code, avec du contenu riche? Un nouvel Eldorado s’ouvrait.

Les bémols

iBook Author permet de publier sur la boutique d’Apple d’Apple d’un seul clic. Si vous désirez demander rétribution, une clause vous oblige à ne diffuser ce fichier que sur cette boutique. Le contenu lui-même reste votre propriété et le fichier, à l’instar des livres d’Amazon, ne peut-être lu que sur iPad. Pas l’ombre d’un scandale ici.

Reste que iBook Author ne permet pas de créer un ePub basique (de un) et je ne suis pas certain qu’Apple a l’intention de laisser les écrivaillons de tout poil publier sans sourciller dans sa boutique. Pour plusieurs raisons.

Premièrement, Apple n’a pas soufflé un mot sur un autre usage que celui des manuels scolaires. Avant de crier au miracle, j’attendrai donc qu’un écrivain témoigne avoir envoyé un roman et en avoir vendu.

Deuxièmement, il y a la question épineuse du droit d’auteur. Cette question s’est posée sur Amazon, où des individus sans scrupule se sont emparés des livres d’autres personnes et les ont publiés après avoir collé leur pseudonyme sur la couverture. Amazon, fort de sa domination écrasante dans le domaine, réagit peu ou pas, selon le cas. Apple, qui a une tradition assez lourde de contrôle et une image à protéger, pourrait adopter une autre solution, comme le contrôle systématique des entrées. Ça leur ressemblerait.

Enfin, et ceci concerne surtout les francophones, la boutique d’Apple ne vaut pas un clou concernant les livres en français. Il suffirait pourtant permettre un classement par langue.

Avec l’explosion des ventes de tablettes, de liseuses et surtout de téléphones «intelligents», il y a maintenant une masse critique importante de francophones capables de consommer des livres numériques. Ce qui manque désormais, c’est une offre pensée pour les consommateurs francophones. En l’absence de cette offre, le marché ne décolle pas. En l’absence de marché, l’offre ne vient pas. C’est le cercle vicieux.

Et l’espoir

Les réactions à l’annonce d’Apple démontrent qu’il y a un appétit pour une solution simple de publication numérique. Si l’outil d’Apple ne devait pas offrir de débouchés, il est possible cependant qu’un autre dévelopeur entende cet appel. En attendant, j’attends les premières nouvelles d’une utilisation littéraire de iBook Author. Les doigts croisés.

L’autoédition et le trait de désunion

Je viens d’acheter mon premier livre numérique. Bien sûr, j’en avais lu plusieurs — je lis presque exclusivement ainsi, à présent. Et comme je compte bien tenter ma petite expérience en autoédition (je vous en parlerai bientôt), j’ai tenté le coup avec «L’Incroyable Guide de l’Auto-Publication en Numérique» par un certain Jiminy Panoz.

Ne vous dérangez pas. À part un seul conseil, tout le contenu peut aisément être déniché ici et là avec une heure de recherche sur le web (je le sais, je l’ai fait). Bien sûr, le livre contient quelques conseils judicieux, comme de ne pas négliger la présentation de son livre et de soigner son français. Hélas, Panoz ne prêche pas par l’exemple. Entre les points de ponctuation seuls au début d’une ligne et les césures à des endroits fantaisistes, il y a des erreurs de présentation sur chaque page. Sans parler du français approximatif et de quelques fautes ici et là. J’aurais dû m’en douter, ceci dit: il a écrit «auto-publication». Avec un trait d’union. Juste sur la couverture. Parfois, il écrit «auto publication» en deux mots. Je crois que ça parle de l’édition dans son auto, une pratique qui semble bien dangereuse.

Le trait de désunion

On écrit bien sûr «autoédition» en un seul mot. Je le sais, j’ai cherché dans le dictionnaire. Il y en a de très bon, comme ici, , ou le Larousse de ce côté.

D’ailleurs, le dictionnaire, ça va un moment. Le simple bon sens marche aussi. «Auto» est un préfixe. Quand on forme un nouveau mot à partir d’un autre en lui ajoutant un préfixe, on n’ajoute pas de trait d’union. Écrit-on «auto-mobile»? «Auto-matique»? «Auto-crate»? Le trait d’union sert dans les mots composés, comme «auto-tamponneuse».

Et le type qui étale tout un livre là dessus se dit écrivain. Les mots sont sa matière première. Normalement, il devrait les aimer... Ici, parle-t-on de maltraitance ou de simple négligence? Peu importe.On a affaire à quelqu’un qui se fiche de la langue, au point de ne pas savoir ce qui compose le mot. Il se croit au-dessus de ça, peut-être. Il n’est pas le seul. Le trait d’union est une épidémie, une pandémie, le blason de tout ceux qui se croient aptes à écrire des histoires et qui ne sont pas fichu de composer une phrase.

Le prochain que je vous se balader avec son trait d’union...

Pas difficile de comprendre pourquoi les auteurs autoédités ne sont pas pris au sérieux. Comment un type peut-il se prétendre écrivain, au point de vouloir conseiller les autres, s’il n’aime pas la langue? C’est sa matière première, son seul lien avec son lecteur, son arme unique. Un cinéaste peut négliger le montage, se passer de bande sonore, voire laisser ses acteurs improviser sans les diriger, ça donnera toujours un film. Un écrivain sans les mots, c’est le silence, la blancheur, le vide.

Dans certains cas, ça n’est pas plus mal.

Mise à jour

Si, comme moi, vous n’avez pas la grammaire infuse et que, comme moi, vous aimez apprendre plutôt que vous refermer sur vous-même comme une huître, voici deux sources à ce sujet, qui vont beaucoup plus loin que mon coup de gueule.

Pour les aspects plus techniques, il y a un récent (et court) article sur l’orthographe d’autoédition ici.

Un autre article, plus complet, ici.

Et bonne route à tous les magiciens du mot.

1/15/2012

Adapter Dracula

Je ne le fais pas très souvent, mais je voudrais souligner une publication intéressante sur vampire.com, à propos de la difficulté fondamentale à adapter Dracula à l’écran. Ou, plus précisément, pourquoi les scénaristes furent-ils si prompts à inventer une histoire d’amour entre Dracula et Mina Harker?

En voici un extrait:

But why? The reason becomes clearer when you ask--who is the Protagonist? In literary terms this would be THE good guy, the one against whom the Antagonist strives. Or, to put it another way, who is the Hero? Reading the book for the very first time, one can be forgiven for presuming Jonathan Harker to be the hero. We meet him first. He initially meets the villain of the piece. For chapter after chapter after chapter we see the unfolding tale from Harker's point of view. But then he disappears from the narrative for even longer. Doesn't seem like the protagonist at all, especially since upon returning he doesn't take the lead in tracking down the Count. That would appear to be Van Helsing, but he doesn't make an appearance for over a third of the way through the story (in Francis Ford Coppola's film they cheat by making him a narrator as well as hinting at a deeper connection between Dracula and Van Helsing in the prologue--ever notice the actor playing the priest?). In fact, what Stoker did was use an ensemble as the protagonist--and ensemble of six people.
Je vous en suggère fortement la lecture.