12/30/2011

Réviser sur iPad?

Au départ, j’avais créé ce blogue afin de tenir au courant de mes progrès littéraires les gens que ça intéressait. J’ai un peu renoncé depuis, puisque les progrès peuvent être lents, et surtout que c’est un travail beaucoup mieux réalisé par les médias sociaux depuis.

Reste que j’ai terminé la seconde révision de mon mansucrit, celle qui suivait la relecture par mes lecteurs privilégiés. Suite à leurs conseils, j’ai rajouté plusieurs chapitres et considérablement épaissi l’histoire, balançant quelques incohérences au passage. J’ai une vision de plus en plus claire, non seulement de ce livre, mais du cycle en entier. Je suis surtout heureux de constater que mes progrès se font généralement en enlevant des éléments inutiles, souvent en fusionnant différents points de l’intrigue. L’écriture est assez semblable à la sculpture sur un point: l’essentiel est de soustraire à la matière première, rarement d’en ajouter. Et oui, on peut enlever de la matière tout en ajoutant des chapitres.

Me voici donc à deux pas de soumettre mon manuscrit aux éditeurs. Reste à repasser sur le manuscrit une dernière fois, afin de récupérer ça et là les fautes de français et repérer les passages incohérents ou redondants qui ont pu se glisser à la faveur des ajouts de chapitres.

Écran ou papier?

L’imprimante laser est un investissement nécessaire pour un écrivain sérieux. Ces appareils sont devenus abordables et réduisent considérablement le coût à la copie, qui devient significatif quand on doit imprimer plusieurs copies d’un livre de quatre cents pages. J’en ai une désormais, mais j’ai aussi un iPad. L’idée folle m’est venue que je pourrais réliser ma relecture à partir d’un pdf que je réviserais sur iPad. Je compte m’acheter un stylet pour des raisons artistiques (le dessin commence à me manquer), aussi je crois bien que ce n’est pas du tout impossible. J’ai déjà repéré deux fautes... en deux pages :[

Je vous tiendrai a courant.

12/10/2011

Midnight syndicate, pour écrire en musique

Plusieurs écrivains aiment faire jouer de la musique pendant qu’ils écrivent, et je dois admettre que j’en fais partie. Mieux: pour chaque livre, je crée une liste de lecture avec l’atmosphère apropriée. Je me trompe peut-être, mais je crois que ça fonctionne. En tous cas, ça rend l’écriture plus agréable, et c’est déjà ça.

À la faveur de l’ITune Store, j’ai redécouvert le groupe Midnight Syndicate, qui se spécialise dans les trames sonores de films qui n’ont jamais été tournés. De l’instrumental lugubre, parfait pour les genres où je me vautre en ce moment.

Quoi de mieux que d’écouter un peu pour mieux comprendre. Voici une vidéo officielle. Ce n’est pas mon morceau favori, mais ça donne une idée de la bête.


Le site de Midnight Syndicate est ici.

12/04/2011

Des manières de détruire un vampire

vampire hunters

On l’a vu, il existe peu de points communs à tous les vampires de fiction. Le soleil les dérange de manière très variable, le sang est plus ou moins nécessaire, les vampires peuvent être morts-vivants ou simple infectés, voire fruits d’une mutation ou extraterrestres. Ils peuvent dormir dans un cercueil ou dans un quatre étoiles, être beaux ou monstrueux. Sur tous ces points l’auteur a une liberté totale.

De mémoire, les vampires de fiction n’ont que deux points communs vraiment universels. J’ai déjà parlé de leur force et de leur vitesse surhumaines. Reste un autre point: ils sont passablement difficiles à détruire.

Mort ou destruction

Bien qu’on emploie couramment l’expression «tuer un vampire», il me semble plus précis de parler de «détruire». Premièrement parce que le vampire n’est pas nécessairement vivant (et originellement, il ne l’est pas). Ensuite par que les vampires ont tendance à disparaître quand ils cessent d’exister. Ils vivent vieux, meurent lentement et ne laissent pas de cadavre du tout.

Buffy, par exemple, a transformé tellement de vampires en cendres qu’il est difficile de comprendre comment Sunnydale n’est pas devenu un désert. Le plus petit contact avec un objet en bois vaguement pointu transforme le vampire en fine poussière. Le cas de Buffy n’est en rien exceptionnel — la pulvérisation est courante, presque universelle. Dans True Blood, on a plutôt opté pour faire exploser les vampires dans une sorte de mélange de sang et de tissus biologiques franchement dégoûtants, pour la plus grande joie des grands et des petits (personnellement, j’adore, ça fais de la très bonne télévision).

Outre le côté spectaculaire de la chose, l’autodestruction des cadavres est fort pratique pour un auteur. Ça élimine la délicate question des cadavres dont il faut se débarrasser. Un tueur de vampire pourrait se retrouver accusé de meurtre après avoir tué un vampire, si ce n’était de la coopération du cadavre — c’est d’ailleurs ce qui arrive à Van Helsing dans le «Nosferatu, fantôme de la nuit» de Werner Herzog.

Des différentes manières de détruire un vampire

Panoplie traditionnelle

À l’époque où les vampires sont devenus la mode, les populaces superstitieuses se tournaient encore vers la religion pour résoudre leurs problèmes. Les prêtres étaient heureux de les obliger. Si prier Dieu pour éloigner la peste ou le choléra était rigoureusement inefficace, le culte était d’une redoutable efficacité pour empêcher un mort de revenir hanter les vivants (ce qui est paradoxal pour une religion qui base sa foi sur la résurrection de la chair). On ouvrait alors le cercueil du malheureux accusé de vampirisme et, en présence du prêtre et des officiels, on arrosait d’eau bénite, on profanait le cadavre et on remerciait le ciel.

Les prêtres n’avaient pas le monopole de la destruction des vampires. Dans les cas du vampire d’Afumati, le corps du vampire fut déterré par le sorcier du village qui l’abandonna simplement dans un champ, afin qu’il soit dévoré par les loups. Le cas du vampire Amarasesti est intéressant aussi. La famille d’une morte soupçonnée de vampirisme déterrèrent le corps et le tranchèrent en deux avant de l’enfouir à nouveau. Constatant que les membres de la famille mourraient toujours, ils exhumèrent une nouvelle fois leur parente pour découvrir que les deux moitiés s’étaient ressoudées. Ils prirent alors un luxe de précautions, arrachant le cœur, le coupant en quatre parties, brûlèrent le cœur et le corps séparément puis dispersèrent les cendres du cœur. Méthode semblable dans le cas du vampire du château d’Annates, au douzième siècle, où il est spécifié que le corps du vampire ne pouvait brûler tant que le cœur restait en place.

Les rites utilisent souvent le feu. La crémation semble une manière définitive de venir à bout du vampire.

Le pieu est surtout une manière de clouer le mort dans son cercueil. Il ne tue pas, en général, mais permet de maintenir le vampire dans son tombeau, là où il devrait rester.

La méthode Buffy

C’est dans la littérature que le pieu prend du gallon, devenant une manière de détruire le vampire. On spécifie bientôt que le pieu doit être en bois, alors que dans la tradition, on a noté l’usage de pieux de fer ou encore un simple couteau de chasse. Tolsoï dans «La Famille du vourdalak» spécifie même une essence, le bois de peuplier (ce qui n’est pas idéal, puisque le peuplier a un bois relativement mou).

Buffy était connue pour causer un grand massacre à l’aide de tous les objets en bois qui lui tombaient sous la main. Dans True Blood aussi, le bois est très efficace. Les gentils fanatiques religieux dévoués à la destruction de tous les vampires construisent d’ailleurs des balles en bois pour leurs armes à feu, qui remportent un succès explosif.

Dans le jeu de rôle «Vampire: the Masquerade», le pieu paralyse simplement le vampire. Le jeu s’inspire d’instance au cinéma où, lorsqu’un pieu est retiré du cœur d’un vampire, celui-ci se réveille illico avec une soif de tous les diables.

L’argent ne fais pas le bonheur des vampires

L’argent a toujours été associé à la destruction des loups-garous, mais il finit par être associé également au vampires. Blade a ainsi tout un arsenal d’armes plaquées argent, qui réduisent les vampires en cendres au moindre contact. L’argent n’a même pas besoin d’être pur: il arrive que des amalgames d’argent ou encore du nitrate d’argent fonctionne. Est-ce pour cela que les appareils photographiques n’arrivent pas toujours à saisir les vampires?

L’argent est une sorte de kryptonite pour les vampires de True Blood, conformément aux livres de la série Sookie Stackhouse. Armé de chaînes d’argent, un mortel peut facilement capturer un vampire, généralement pour lui soutirer son sang, drogue très recherchée.

J’ai toujours eu un grand inconfort avec la faiblesse des vampires devant l’argent. Premièrement parce que je ne l’ai jamais vue dans la panoplie traditionnelle, ensuite parce qu’elle permet d’avoir accès à des armes en métal pour tuer facilement des vampires, ce qui les rend tout de suite beaucoup moins menaçants.

Le sang des morts

Ann Rice avait mis dans la bouche de son Lestat la recommandation de toujours cesser de boire le sang d’un mortel avant que son cœur ne cesse de battre, sous entendant que cela pourrait se révéler fatal au vampire. Si cette instance ne se produit jamais dans les romans, le sang d’un mort devient le moyen utilisé par Louis pour tenter de détruire Lestat — avec un beau succès initial. À ma connaissance, ce moyen original de tuer les vampires ne trouve d’écho que dans la série Supernatural, où la moindre introduction du sang d’un mort dans l’organisme d’un vampire suffit pour le détruire.

Le soleil brille pour tout le monde

Si le soleil ne tue pas toujours les vampires (et certainement pas dans la tradition), dans les cas où il le fait, il reste un méthode très efficace. Elle fut utilisée pour la première fois dans le Nosferatu de Murnau et reprise depuis de multiples fois.

Le soleil est parfois si efficace que la moindre source de rayonnement ultraviolet arrive au même résultat. La lampe uv fonctionne modérément bien dans le premier Blade, mais prend par la suite un efficacité assez difficile à admettre, avec par exemple des grenades uv qui pulvérisent tous les vampires à proximité. Le comble du ridicule appartient en cette matière à la série Underworld et ses balles uv.

Le feu, un sujet brûlant

Le feu reste la seule manière universelle de détruire un vampire. Edward, dans une série passablement complaisante envers nos amis à longs crocs, affirmait que la seule manière de le détruire serait de le découper en pièces et de le jeter dans une chaudière (un truc toujours sympa à dire à ta copine).

Les signes religieux

La religion a parfois un effet néfaste sur les vampires, mais elle peut aussi carrément les détruire. L’eau bénite sert de toutes les manières possibles, en bouteille ou en pistolet à eau, en passant par un bassin bénit d’un seul coup pendant que les vampires sont dedans, comme dans la comédie «Les Dents de la nuit»

Une épée bénie ou portant des reliques peut se révéler une arme redoutable contre les vampires, selon «Vampire: The Dark Ages». Dans «Capitaine Kronos chasseur de vampires», le héros forge une épée à partir d’une croix de fer. Ce film a d’ailleurs une méthode amusante de présenter la destruction des vampires: il en existe plusieurs sortes, avec des vulnérabilités différentes, ce qui pousse les héros à des expérimentations systématiques.

Les effets sur une histoire

Les manières par lesquelles on peut détruire un vampire ont une influence considérable sur une histoire.

On peut d’une part observer que lorsque les vampires sont les héros de l’histoire, ils sont remarquablement plus durs à cuire que lorsqu’ils sont les méchants. Essayez les shurikens d’argent sur Lestat, rien que pour voir. Ceci dit, des vampires trop difficiles à détruire peuvent rendre l’histoire passablement ennuyeuse (et je ne donnerai pas d’exemple). Des vampires trop mollassons de leur côté enlèvent tout mérite au héros. Au delà de cela, la vulnérabilité du vampire révèle des choses sur lui-même et parfois sur l’univers où l’histoire se déroule.

Par exemple, l’efficacité du pieu signifie que le cœur est le centre du pouvoir des vampires. Le soleil peut avoir une signification symbolique, parfois même religieuse — que les vampires de Meyer brillent au soleil n’est peut-être pas seulement de la kétainerie.

Une partie de la biologie des vampires est aussi révélée par les allergies diverses. Les vampires de type mutant ont tendance à venir avec leurs allergies au soleil, à l’argent, à l’ail ou au soleil. Les allergies sont un grand fourre-tout. On peut alors imaginer des être hybrides, moitié mortels moitié vampire, qui ne seraient pas affublés des mêmes allergies. Les auteurs ne s’en privent pas et, entre Bloodrayne et Blade, les mi-vampires abondent.

Les signes religieux entraînent tout un autre champ de réflexion, souvent malheureusement bâclé. Ainsi dans la série Buffy the Vampire Slayer, les signes religieux repoussent les vampires et l’eau bénite peut les tuer, mais l’univers est souvent décrit comme païen, avec des pléthores de dieux et d’univers parallèles.

Mes choix pour le Cycle des Bergers

Dans mon univers, j’ai pour ma part défini trois grands fléaux pour les vampires: le feu, le soleil et l’eau courante. Ce sont trois méthodes universelles, mais il est d’autres, auxquelles les vampires ne sont pas sujets de la même manière. Ainsi, la décapitation pourrait tuer un jeune vampire, alors qu’un ancien aurait le loisir de prendre sa tête et de la ressouder sur son corps. Les trois grands fléaux le sont pour des raisons mystiques. Enfin, si les signe religieux ont un effet sur les vampires, ils parviennent rarement à les détruire.

12/03/2011

Lecture numérique : tablette ou liseuse?

iPad in trainMe voilà doublement équipé. Tablette et liseuse. Plus précisément, iPad et Kobo.

Il n’y a qu’à voir les sujets de recherche rentrer pour comprendre que beaucoup de gens veulent passer au livre numérique et se cherche des informations sur le sujet. Je vais donc communiquer ma petite expérience.

Presque tous les distributeurs de liseuses (essentiellement des librairies, comme Amazon ou Indigo) ont en parallèle un modèle de tablette et les gens peuvent se demander ce qu’il convient d’acheter. La liseuse est-elle mieux adaptée que la tablette? Est-ce que l’écran rétroéclairé n’est pas fatiguant à la longue?

L’écran rétroéclairé

Les liseuses en effet utilisent un sytème dit de «l’encre électronique». Cela permet de lire le texte sur un écran qui n’est pas rétroéclairé, ce qui est moins fatiguant pour l’œil et se comparerait à l’expérience de la lecture sur papier. Il y a d’autres avantages à ce système. L’autonomie du papier électronique est sans commune mesure avec ce que peut proposer une tablette — même si je suis impressionné par les performances de mon iPad à ce sujet. La lecture en plein soleil est possible, contrairement à l’écran rétroéclairé.

Ceci dit, l’écran rétroéclairé n’est pas si difficile à lire. J’ai entre autres lu «Le Comte de Monte Cristo» sur un tel écran (et plusieurs autres, mais le comte est une sacré brique). De plus l’écran rétroéclairé est beaucoup (beaucoup) plus rapide que le papier électronique, qui peut prendre deux ou trois secondes pour simplement tourner une page. Mon iPad me permet de feuilleter un livre de manière presque naturelle, mon Kobo non. Enfin, l’écran rétroéclairé permet de naviguer dans une même page, ce qui n’est que très théoriquement possible avec l’encre électronique, beaucoup trop lente.

Un argument de poids

Mon Kobo ne pèse presque rien, ceci dit. Lire sur un iPad peut devenir fatiguant à la longue.

Une question de consommation

Ce n’est pas avec son ouverture ou ses pratiques commerciales que Amazon s’est emparé presque exclusivement du marché du livre numérique. Amazon a des politiques commerciales de chiotte. Elle fait la promotion d’un format propriétaire, efface à l’occasion des livres sur la liseuse de ses clients quand elle estime qu’il ne devrait pas les lire et se conduit en voyou avec ses fournisseur et avec le fisc. Mais son interface d’achat de contenu est pratique et simple à utiliser.

La boutique de mon Kobo n’est pas aussi pratique, d’une part, et d’autre part ne propose à peu près aucun titre en français (Amazon commence à peine). Je dois passer par Calibre pour ajouter des titres à ma liseuse. Ce n’est rien pour moi, mais plusieurs personnes plus technophobes en seraient incapables, j’en suis conscient.

Mal servi du côté de Kobo, je suis allé faire un tour sur le iBook store de Apple. Il est presque aussi pratique que celui d’Amazon, avec déjà quelques titres en français. L’instalation est rapide, l’utilisation simplissime.

Je dois admettre que j’ai une grande sympathie pour l’initiative de l’iBook Store d’Apple. D’abord parce qu’il a imposé un standard, le epub, qui a incité le reste de l’inductrie à s’unir. Ne reste que Amazon qui, avec son format propriétaire, veut se la jouer Microsoft.

Un argument de taille

Quelques formats différents jouent du coude chez les liseuses, mais le format sept pouces devient tranquillement un standard. J’avais peur que ce soit trop petit mais, à l’expérience, c’est suffisant, quoi que la longueur réduite de ligne impose des crevasses et des lézardes au texte qui ne peuvent que nuire à la lecture. Le texte électronique est affreux et son contraste n’est pas encore équivalent à celui du papier. Le format sept pouces est aussi répandu chez les fabricants de tablettes, Kindle Fire en tête, qui se détaillent aujourd’hui autours de deux cents dollars, donc beaucoup moins cher que mon précieux iPad.

Le format sept pouce permet d’obtenir une liseuse légère, peu encombrante, qui se traîne dans une pouce et se lit d’une seule main. Le iPad et son grand écran permet en revanche une utilisation proche d’un ordinateur (je m’en sers désormais pour écrire) et surtout de consulter les grands pdf et les bandes dessinées. Pour la lecture en transport en commun, je dois admettre que je n’ai pas encore osé transporter le iPad, et je ne le ferai peut-être jamais. En revanche, je m’en sert beaucoup à la maison, pour les manuels de référence en pdf que je ne pourrais pas consulter avec une tablette plus petite.

Une question de besoins

Il me semble évident que pour la lecture de texte, la liseuse à encre électronique est le meilleur choix, malgré son faible contraste et sa lenteur. Son faible poids, son confort de lecture, son énorme autonomie et son encombrement réduit et font le choix évident à un prix généralement inférieur à celui des tablettes d’entrée de gamme. Ceci dit, quelqu’un qui a des besoin de consommation média plus larges et qui voudrait une tablette pour consommer musique, vidéos, jeux ou tout simplement travailler ne devrait pas hésiter à tenter la lecture sur écran rétroéclairé, histoire de voir si elle lui convient.