5/30/2011

Les vampires peuvent-ils encore faire peur?

Tout le monde en a marre, semble-t-il. Des vampires amoureux, sentimentaux. Ou des vampires réticents, involontaires, qui charient sur des centaines de pages leur «malédiction» — qui n’en est plus une.

Les vampires n’ont plus de dents.

Neil Gaiman aurait supprimé un personnage de vampire pour cette raison.
Entre le héros torturé et l’éternel puceau, le vampire a perdu de son caractère monstrueux. Parallèlement, dans la bande dessinée essentiellement, le vampire est resté un monstre sanguinaire. Cette fois c’est simple divertissement, une catarsis.

L’art de la peur

Pour un auteur, effrayer le lecteur est presque aussi difficile que de le faire rire. Le lecteur de genre est généralement endurci. Stephen King, réputé un maître du genre, n’a réussi à me faire frémir que durant une demi-page ici et là au milieu de forêts de papier. Et comment rivaliser avec le cinéma, qui peut user des techniques chocs, des images et de la bande-son?

Généralement pas trop laid (et souvent même d’une beauté surhumaine), plutôt civilisé (quoi qu’un peu décadent) le vampire est certainement mal armé face aux troupeaux de monstre. Le roi incontesté de l’angoisse et des écrans est le tueur en série, qui a presque chassé l’horreur des terres du fantastique.

Que manque-t-il au vampire par rapport au tueur en série? Il est pourtant plus fort, doté de pouvoirs terrifiants. Il est pourtant battu sur tous les tableaux. À qui la faute?

Le ti-vampire chéri à sa maman

En un mot: aux auteurs.

Les auteurs sont tombés amoureux de leurs vampires. Leurs monstres sont devenus leurs poupons. Alors qu’ils n’hésitent pas à coller aux psychopathes les comportements les plus délirants, mélangeant parfois trois ou quatre problèmes mentaux en un seul, les morts-vivants dépendant du sang humain ne tuent pas et vivent une vie confortable en se nourissant qui de sang animal, qui de volontaires en parfaite santé. Si après cela ils avaient la décence de ne pas nous rabâcher leurs histoires de malédiction!

Du viagra pour les vampires

Qu’avaient donc en commun cette poignée d’histoires présentant des vampires inquiétants? Est-ce que les auteurs avaient une sorte de touche magique? Une pilule miracle qui rendrait leur vigueur à des vampires mous?

Pas du tout.

Le mécanisme de l’histoire est aussi simple qu’il est connu: le lecteur s’identifie aux personnages et ressent ce qu’ils ressentent. Donnez une raison à vos personnages d’avoir peur, et ils auront peur. Même s’ils sont attirés, fascinés ou séduits. Votre personnage principal est un vampire? Alors qu’il craigne les autres, ou sa propre nature.Lestat était effreyant dans Interview With the Vampire, parce qu’il était décrit de la perspective de Louis. Lestat décrit de son propre point de vue n’aurait pas effrayé une fillette, malgré tout son pouvoir et l’étendue de sa dépravation.

5/21/2011

Avouez: ce que vous aimez avec les vampires, ce sont les clichés

Les bien pensants et les effarouchés peuvent bien préetendre le contraire, les clichés sont confortables. Les gens aiment les mythes, tous autant qu’ils sont, et les clichés sont des instantanés de ces mythes. Les gens ont leur collection de clichés préférés, où ils aiment retourner à l’occasion. Clichés, les vampires? Tant mieux!

Voilà, j’ai fait ma profession de foi ;)

Ils y a des gens qui admettent plus volontiers que d’autres leur complaisance dans certains clichés vampiriques, et parmi eux, il y a le groupe allemand Blutengel. Alors voyez et appréciez dans toute la grandiloquence peu originale et sanguignolente une fois, deux fois et trois fois, encore et encore. Si ce n’est qu’une fois, ça n’est plus un cliché.

Et encore une fois, avec plus de vampires encore:

5/18/2011

La publicité, avec panache


Voici une annonce que j’ai préparée cette semaine, pour le cahier BBQ du journal 24H. J’ai pensé que glisser une petite touche d’humour serait amusant.

Après tout, avec la victoire du gros cave aux Oliviers, on a la preuve que l’humour n’a pas besoin d’être subtil (ou drôle).

Cliquez sur l’image pour la voir en taille réelle.

5/17/2011

Bilan du Congrès Boréal

Nous, les écrivains, aimont bien aligner les mots pour rien. Combien de billets pour un simple congrès? Des masses. Tous pour dire la même chose: combien le congrès était merveilleux, ainsi que tout ce qui vient avec.

Avec raison, sans nul doute, mais à quoi bon l’écrire? Peut-être pour dire à tous ceux qui hésitent, comme j’hésitais jadis, que l’expérience en vaut la peine. Qu’on en sort grandi, rechargé, simplement par le contact de tous ceux qui, comme nous et pour aucune raison valable, veillent tard le soir pour écrire des histoires d’un autre monde.

Voilà pourquoi, avec le plus grand des respects pour ceux et celles qui ont participé à l’organisation de ce congrès fantastique (et sf aussi, un peu), je vais me permettre un billet un peu plus critique. Histoire que ceux qui aspirent à venir mais restent intimidés par ce qui semble une unanimité qui laisse soupçonner la clique, sache plus précisément à quoi s’en tenir.

Laissez-venir à moi les petits enfants

Je n’ai pas des masses de comparaisons, ce n’était que mon deuxième Boréal. La première fois, j’avais, malgré un accueil chaleureux, eu l’impression d’être un extra-terrestre (dans un congrès sf, ça expliquait peut-être l’accueil, d’ailleurs).

Deux personnes se souvenaient de l’horloge vivante. Cinq (six en comptant mon ex, qui fait cependant semblant de ne pas me voir) personnes se rappelaient mon nom. La prochaine fois, il seront peut-être six ou sept.

Mais il y avait des masses de nouveaux, tous bien accueillis, tous enthousiastes. La plupart écrivent du fantastique, voire de l’horreur, certains du fantasy. La sf était un peu le parent pauvre côté relève. Et on sent beaucoup que l’événement s’adresse directement à cette relève, d’ailleurs.

Les tables rondes auxquelles j’ai assisté

Fantômes, vampires, zombies... peut- on échapper aux stéréotypes?

Le sujet m’intéressait au premier chef, puisque je planche sur des histoires de vampires depuis cinq ans. Les trois pannelistes, qui n’écrivaient pas sur le sujet, n’avaient pas grande opinion à formuler, ni grand chose à apprendre.

Il y a indéniablement une grande lassitude devant la mode (que dis-je? le déferlement) vampirique depuis que les rapaces de tous poils se sont jetés dans l’auge de la bitlit. La blague courante est de rebaptiser une certaine séries de livres (puis de films) «toilette». Je l’ai trouvée bien bonne, la première fois.

Cette lassitude me donne à penser que je vais avoir un mal fou à caser mon histoire, même à mille lieux des historiettes où le sang est couleur rose.

L’attrait du noir et de l’insolite

Cette fois, les pannelistes étaient très motivés, mais la discution a rapidement dévié du côté «attrait» pour devenir une discution générale sur le noir et l’insolite. Un bon petit coup de recharge de batterie pour moi, surtout après un coup de déprime vampirique.

L’édition pour les nuls

Aie! Ici, une activité pour les débutants des débutants. Si vous vouliez entendre parler contrat, traduction, droit d’auteur, vous pouviez aussi bien attendre dans le couloir. On y apprenait qu’il valait mieux relire son manuscrit. Veiller à ne présenter que les genres publiés par la maison (allo! c’est pas justement un congrès consacré à ces genres, ici?) Que la plupart des manuscrits sont si mal écrits qu’ils en sont illisibles (voilà qui m’aide beaucoup). Comment écrire une bonne lettre de présentation? Essayez de ne pas faire dix fautes dans le premier paragraphe. Un synopsis, ça aide ou ça nuit? Ça aide à savoir si le texte est d’un genre approprié (voir ma remarque plus haut). Mais il faut veiller à ne pas faire dix fautes dans le premier paragraphe. Ben quin!

Bref, celui-là m’a un peu laissé sur ma faim, malgré la bonne volonté évidente des panélistes. Une occasion rater de laisser voir un peu ce qui se déroule de l’autre côté du miroir aux alouettes.

Quand le fantastique se mêle à l'érotisme

Celui-ci était sympathique, surtout à cause des anectodes d’enfance de Natasha Beaulieu et d’Arianne Gélinas. Frédérick Durant a été l’un des pannélistes les plus solides du congrès avec des références savantes servies sans prétention apparente (ce qui est assez difficile pour être souligné). Sa performance ici était à l’image des autres.

Plume élégante ou fond substantiel?

J’avais quelques appréhensions pour celui-ci, parce que je ne vois pas la plume comme l’ennemie du fond. Heureusement, personne ne le voyait non plus de cette œil. Le bon style est celui qui fait le travail. Il valait la peine d’en parler, le style est trop souvent négligé. Mon pannel préféré (quelqu’un connaît le français pour «pannel»?)

Cadavres instantanés : le jeu

Je suis très fier de dire que j’ai fait gagner mon équipe, en cédant ma place en fusillade à Dave Côté qui a obtenu un vote unanime. Merci qui?

Fantastiques alibis

Un pannel difficile, qui devait composer avec une absence. Encore là, deux auteurs (éloquents, mais tout de même) qui n’avaient justement jamais travaillé dans le domaine navigaient à vue entre les critiques âpres des ratés du genre et les possibilités qu’il pouvait offrir. À quelques reprises durant ce congrès, je crois que des écrivains de bonne volonté ont cherché à dépanner des organisateurs de bonne volonté en participant à des ateliers pour lesquels ils n’avaient ni pré-requis ni goût. C’est peut-être seulement une impression.

Comment j’ai écrit

Il devrait y avoir plus d’activités de ce genre. Trois solides auteurs évoquent leur parcours à travers l’écriture d’un livre. Malheureusemensement, je n’avais lu aucun d’entre eux (je suis fan de fantastique, hélas). Tout de même, l’expérience est enrichissante est mériterait d’être répétée encore et encore (et encore).

Et le reste : lectures publiques et bande annonce

Les lectures publiques constituèrent le meilleur de mes moments à Boréal. Il faut y être. Eric Gauthier en particulier, qui a démontré encore une fois qu’il sait allier une performance intéressante à un récit touchant et une plume évocatrice. Nous avons aussi eu droit à une primeur de Natasha Beaulieu, un dédoublement de personnalité de Jonathan Reynolds et à deux anarchistes pas mal choqués qui expliquaient avec une poésie saisissante (sans blague) pourquoi il convenait de tuer son patron.

Et après le boréal?

Tout le monde s’accorde à dire qu’on en sort avec une énergie nouvelle et des projets plein la tête.

5/08/2011

Marabout à vendre


Il y a des projets plus importants que d’autres, qui exigent de faire de la place, et de se débarrasser de quelques trucs accumulés.

Le truc que j’ai le plus tendance à accumuler, ce sont les livres. Et, pendant un long moment, J’ai été en quelques sortes «abonné» à la Bibliothèque Marabout Fantastique. Dàs qu’un de ces livres arrivait à la bouquinerie du coin, il était mis de côté pour moi. J’en ai donc accumulés quelques uns. Et maintenant, je dois m’en départir.

Un grand nombre de fans de fantastique connaissent la valeur de ces livres, aussi, pour leur bénéfice, voici la liste des tomes que je vais offrir, avant d’aller les porter à la bouquinerie à mon tours.

  • Melmoth L’homme errant, par Charles Robert Mathurin, suivi de Melmoth réconcilié, par Honoré de Balzac.
  • Derrière le mur blanc, par Eddy C. Bertin
  • Myrtis, par Daniel Mallinus
  • Le Musée des diables, par Carlos Esteban Deive
  • Confession du pécheur justifié, par James Hugg (celui là, j’ai beaucoup aimé)
  • La Nuit de Walpurgis et Le Golem, de Gustav Meyrink, deux incontournables.
  • Le Fantôme des Canterville et autre moralités fantastiques, par Oscar Wilde
  • Le Chevalier Ténèbre suivi de La Ville-Vampire, par Paul Féval (mettant en scène Ann Radcliffe, c’est très amusant)
  • Soleil des Loups, par A. Pieyre de Mandiargues
  • Le Fantôme dans le miroir, de Patricia Squires
  • Les Épées de l’effroi, par Vernon Lee
  • Le Pentagramme, par Vladimir Colin
  • Herbes méchantes, par Franz Hellens
  • Le Temps mort, par René Belleto

Voilà. Je serai au congrès Boréal cette année, presque sans arrêt sans doute. Vous pouvez me laisser un petit commentaire si quelque chose vous intéresse.

5/07/2011

Les Vampires sont-ils vraiment maudits?

«C'est au niveau du sujet que le bât blesse. Vous êtes conscient j'espère que vous ne vous êtes pas facilité la vie avec une histoire de vampire. Comprenez bien qu'aucun thème, aucun sujet fantastique ou SF n'est interdit de séjour dans la revue, mais il y en a qui ont tellement été explorés...»

Depuis que j’essaie de me faire publier, je reçois un refus à environ chaque deux tentatives. Rien que de très normal, certainement pas de quoi paniquer. Les textes ne meurent pas quand ils ne sont pas publiés, il y a toujours moyen de les passer ailleurs. D’ailleurs, j’ai soumis le même texte à un concours après quelques modifications mineures. C’est dire que je crois qu’un texte refusé pour une simple publication peut toujours gagner un concours. Autre contexte, autre résultat. J’ai eu beaucoup de chance avec les concours. Je n’en ai jamais gagné un seul, mais j’ai toujours obtenu quelque chose dans le processus, ne serais-ce qu’une publication. Paradoxalement, un texte qui finit deuxième ou troisième dans un concours est toujours publié, alors que ce même texte soumis par voie normale a une chance sur deux d’être refusé.

Revenons à nos vampires

Environ le tiers de ma production fantastique est à propos des vampires. Cela concerne, hélas, le roman sur lequel je travaille. Encore hélas, il s’agit d’une série. Et je sens bien une réticence qui vient du plafond. Il y a une sorte de passage obligé dans l’édition fantastique au Québec, et ce passage semble avoir une dent contre les vampires. Je veux bien admettre que les vampires sont le thème le plus galvaudé de la littérature fantastique, mais il y a peut-être une raison à cela. À sa face même, le vampire est un sujet fascinant, aux angles d’approche multiples. Il a servi de sujet à certains des best sellers les plus importants du genre — c’est si évident qu’il est absolument inutile de donner des exemples.

Qui a peur du grand méchant vampire?

Un bon éditeur, c’est ma conviction, aime la littérature. Il n’y a rien de mal à vouloir faire la promotion d’une littérature originale, loin des clichés.

Mais il y a un danger réel de verser dans le péché inverse. De se fermer les yeux dès qu’un gros mot apparaît. On peut appeler cela de la timidité; ou du snobisme.

Cela peut amener à des situation un peu absurdes, où on écrit une histoire de vampire, mais on remplace le gros mot par un autre, comme «succube». Cela reste une histoire de vampires, avec tous les lieux communs, mais on essaie de faire illusion. Je crois que c’est triste.

Voir les vampires sous un jour nouveau?

Je l’ai dit, le refus ne m’a pas bouleversé, mais je ne peux pas m’empêcher de me gratter la tête à propos de la raison suggérée. Mon texte n’était pas l’histoire de vampires mille fois lue, la séduction d’un crétin insignifiant ou le type qui découvre que sa voisine est un vampire. Le terme «vampire» n’y est même pas écrit une fois. Et jamais, au grand jamais, on ne peut décider si les vampires existent ou si le narrateur débloque. Moi-même, je n’en suis pas certain.

Mon roman tente aussi d’apporter un jour nouveau. Dans un futur proche, une sorte de guerre secrète oppose vampires et mortels. La guerre tourne à l’avantage des premier grâce à une séries d’épidémies et de catastrophes écologiques, ainsi qu’une crise économique majeure. Émerge alors une nouvelle Inquisition, implacable, dirigée du haut jusque en bas par des vampires. Ce n’est pas Twilight, ce n’est pas Lost Soul ni Interview With the Vampire.

Publier un roman de vampires: un chemin de croix?

C’est sans doute un brin prétentieux, mais j’adore ma prémice, j’adore mes personnages et je crois que mon histoire peut être passionnante. Mais, paradoxalement, je crois que j’aurais plus de chance de la publier si on pouvait lui coller l’étiquette «Bitlit», ou si elle se déroulait dans une polyvalente. Oui, je doute absolument de la valeur de l’argument.

Il y a une raison pour laquelle les vampires pullulent.

Il y a un public pour les histoires de vampires.

Il n’y a aucune offre sérieuse pour ce lectorat. Ces lecteurs sont obligés d’acheter leurs romans à l’étranger, parmi les traductions, et de fouiller dans la fange de la Bitlit sans trouver chaussure à leur pieds. C’est mon cas. Je voudrais de bons romans de vampires, et je n’en connais aucun qui ait été écrit après 1990. Et je serais prêt à bénir l’éditeur qui aura le courage de me présenter un livre sur les vampires, sans fausse honte et sans se laisser bêtement attirer par les modes.

5/05/2011

Petit montage photo en vitesse

Voici un autre petit montage que j’ai réalisé au travail. Les photos de bouteilles à l’arrière plan sont pour la plupart des illustrations que j’ai réalisées à l’aide de Photoshop, et non de véritables bouteilles. Les chiffres en 3D ont été réalisés dans Illustrator, puis la texture et les effets de lumière ont été ajoutés dans Photoshop. L’arrière plan est un montage de trois photos de stock (deux pour la piste et une pour le ciel). La photo de l’avant plan représente Jarno Trulli en pleine action. Ce coureur automobile est aussi le producteur des vins Castorani.

Inutile de me faire remarquer que les sources de lumière ne sont pas cohérentes, je suis au courant. Dans la folie du Grand Prix, je dois aller plus vite que la lumière ;)