7/29/2011

Le grand débrouillage

J’écris depuis l’adolescence. Des nouvelles surtout, parfois très courtes. Au début, ce n’était pas nécessairement par goût, et je rêvais, comme tout le monde, de grands romans qui enjamberaient le monde. Mais voilà, écrire un roman, c’est long et compliqué. De nombreuses tentatives ont sombré, plus ou moins tôt dans le processus. J’en ai gardé des piles de notes, dont un manuscrit (littéralement: il est écrit à la main) de plus de trois cents pages. Certains sont encore à l’idée de projet, d’autres ne sont toujours que des idées mal dégrossies auxquelles j’avais donné une chance, quand mon temps ne valait pas grand chose.

Maintenant, j’ai deux lourds paquets de pages avec un début et une fin, les deux premiers tomes d’une nouvelle série, à peu près cohérents, pas mauvais, avec des idées et parfois un certain souffle. Mais tout ça n’est pas assez lié. Je me suis demandé longtemps pourquoi. Et je crois bien que j’ai trouvé.

L’art est long, la nouvelle est courte

On dira ce qu’on voudra, mais écrire des nouvelles est infiniment plus simple que d’écrire un roman. Préserver son souffle, ménager ses effets, générer la tension, pour peu que l’on sache comment, est à portée des doigts. Parce que c’est court, tout simplement. Et parce que l’espace créatif est restreint, les lieux et les personnages nécessairement plus limités que ce qui est possible en roman. C’est la différence entre composer une sonate et un opéra.

J’avais perdu le goût d’écrire des nouvelles, sans trop savoir pourquoi, en commençant à travailler sur le Cycle des Bergers. Le congrès Boréal m’en a rendu e goût, et j’en ai terminé deux en un mois. L’expérience m’a permis de me rendre compte du contraste. Écrire une nouvelle c’est facile, naturel, le produit est tout de suite cohérent, la toile est serrée.

Le ménage dans son roman

L’écrivain a le devoir ingrat d’être son plus dur critique, tout en restant conscient qu’il ne peut observer son œuvre d’un œil objectif. L’histoire, contrairement à une pièce musicale ou une peinture, est une mécanique, dont les diverses parties fonctionnent ou non. L’auteur n’a aucun moyen de juger si la machine fonctionne. Il doit se fier sur son expérience.

Mon expérience me disait que mon premier tome était encore un peu confus. Allez savoir pourquoi. Les événements s’enchaînaient logiquement, pourtant. Mais voilà, ce n’est pas qu’une question de logique.

C’est une question de repères.

Toucher le lecteur dans son repère

On a beau suer sang et eau, le lecteur n’a pas la partie facile. Pour que l’histoire fonctionne, il doit travailler beaucoup. Déchiffrer chaque phrase une à une, ce qui n’est pas nécessairement simple, mais surtout imaginer tout ce que nous lui racontons. Tout le travail que nous accomplissons, le lecteur l’accomplit aussi de son côté. Pour que l’histoire fonctionne, il faut en supprimer les aspects laborieux.

Car le lecteur ne veut pas se taper tout ce boulot. Il pourrait regarder un film ou une série télé, ils y en a d’excellentes. Il lit parce que le livre lui offre quelque chose que la télé ne lui permet pas. Comme de se distraire dans les transports en commun, passer le temps à l’école ou dans une salle d’attente, ou encore se projeter directement dans l’histoire. Mais pour que cette projection opère, il faut lui faciliter le boulot. En lui donnant des repères.

Repères de lieux

Mon roman se déroulait presque entièrement dans une seule ville. Certains des lieux étaient plus importants que d’autres, ou mieux décrits, même s’ils ne servaient qu’une fois. Certains autre lieux étaient flous, sans ambiance, mais je n’allais pas commencer à décrire chaque lieu, non? Le roman roule dans les 400 pages, et promet de rouler encore.

Qu’arrive-t-il du côté du lecteur? Premièrement, quand j’affirme qu’il ne faut pas lui décrire chaque lieu, le lecteur est probablement d’accord. Quoi de plus fastidieux que de se taper des pages et des pages de descriptions de lieux qu’on ne visite qu’une fois? Cependant, son expérience d’immersion dépend en partie de sa visualisation des lieux où se situe l’histoire. La solution?

J’avais commencé par un ménage de mes lieux. Une action peut se dérouler ailleurs, dans un lieu déjà décrit? Hop! Un de moins à décrire.

D’autre lieux cependant étaient mous, inconsistants. Des personnages dans la même situation auraient certainement déménagé, agrandi, changé la déco... ces lieux étaient limités par mon manque d’inspiration à ce moment, mon empressement à finir ou peut-être un brin de paresse. Que cela ne tienne, la réécriture est là pour ça! Éliminons trois lieux mal définis et remplaçons les par un autre, disons un temple, avec une architecture, une atmosphère, des symboles, des mystères et une histoires. Si trois scènes s’y déroulent, le lecteur aura même gagné au change sur la durée des descriptions.

Car une fois qu’un lieu est bien planté, avec certains détails mémorables, il est possible de l’utiliser pour sa valeur émotionnelle. On peut dire dans une page qu’une allée est bordée de statue. Dans une autre scène, une statue en particulier peut servir d’indice, de cachette ou simplement de miroir pour les émotions troubles d’un personnage.

Les lieux peuvent préfigurer en partie l’action. Une fois la confiance du lecteur acquise, une description longuette d’un lieu en apparence peu important peut laisser supposer que quelque chose de capital s’y produira plus tard.

Il est aussi possible, par un agencement soigné d’actions, de lier une valeur émotive aux lieux en les associant à différents types d’action. Le lieux deviennent alors des sortes de petites boîtes dans lesquelles on range les scènes. L’apprentissage se déroule dans la maison de Grimaldi, l’intimité dans l’appartement de Grandbois, la politique sous couvert de menace des vampires se déroule au Sanctuaire. Ainsi, la maison de Levinston est un concentré de complots feutrés. Quand soudain la colère de Michel y éclate, cela provoque la surprise, alors que dans la rue, elle ne frapperait pas autant le lecteur.

La clé est que ces détails doivent rester mémorables, et donc pas trop nombreux. Mais en créant des cartes, des plans ou simplement des fiches détaillées de mes lieux, avec moult détails que les lecteurs ignorent, je réussis à resserrer la trame de mon histoire, lui donnant du souffle en même temps.

Repères de temps

Les repères à court terme

Un de mes lecteurs privilégiés m’a confié qu’il avait perdu ses repères de temps. Il se demandait si l’histoire se déroulait en quelques semaines ou en plus d’un an.

J’aime bien les ambiances floues et mystérieuses, mais ce genre de vertige temporel ne fait pas vraiment partie de l’effet que je recherchais. Mon roman manquait de repères de temps solides. Et pour cause: je ne savais pas moi-même exactement sur combien de temps l’histoire s’étirait. Je supposait que c’était quelques mois. Je ne pensais pas que c’était grave. Ça l’était.

Une simple feuille de papier et un stylo était le remède le plus efficace, mais, allez savoir pourquoi, il m’a fallu des mois pour y penser. Je me suis rendu qu’il valait mieux rajouter quelques mois, pour arrondir à la demie année. Et, par miracle, mes révisions se sont enrichies de références aux saisons, ou d’événements extérieurs à l’action principale, mais tout de même reliée. Les personnages, durant les longues ellipses, ont évolué, leurs sentiments ont changé, leurs conflits se sont cristallisés. Le récit s’est enrichi, sans besoin de rajouter des pages. En fait, j’en ai enlevé plusieurs, et même un chapitre entier.

Les repères de temps à long terme

Ma série appartient à la fantasy urbaine. C’est dire que, si elle se passe dans un monde très semblable au notre, il est tout de même différent. L’histoire récente, en particulier, diverge.

Je n’ai jamais été un maniaque de la planification. Alors, même si je connaissais bien l’histoire récente, dans des détails qui dépassent de beaucoup ce qui en est montré dans le livre, certaines données restaient floues, mal définies. J’ai donc établi une chronologie exacte des événements avec des dates. Ces dates ne seront pas données dans le roman, mais mon récit est tout de même devenu beaucoup plus clair, simplement parce que des passages restés flous devenaient plus précis, plus courts, plus efficaces.

La vraie vie est dehors

Ce qui fait la richesse d’une histoire, et peut être particulièrement en fantasy, ce n’est pas nécessairement ce qui se trouve entre les pages couvertures. Les plans, fiches de personnages, fiches de lieux, plans, cartes, chronologies grandes ou petites, tout cela aide à rédiger un récit avec une riche complexité, mais qu’un lecteur pourra aborder sans travail superflu.

7/24/2011

Forces et faiblesses des vampires 3 — Les métamorphoses du vampire


Ceci est le troisième d’une série de billets sur les forces et faiblesses des vampires.

Les autres billets portent sur les vampires et le soleil, et sur l’alimentation des vampires.

Si certains aspects des vampires sont passablement courants (crainte du soleil, soif de sang, force et vitesse prodigieuses) certains autres sont beaucoup moins fréquents. Les métamorphoses, par exemple, sont passablement inconsistantes, que ce soit dans le folklore ou la littérature.

Il convient, je crois, de diviser les métamorphoses en trois catégories. La première, et la plus courante, consiste en transformations relativement mineures, comme la pousse de crocs acérés. La deuxième serait la transformation en créature physique, comme un animal, typique de la littérature du 19ième, ou une forme hybride, particulièrement présente au cinéma. La troisième enfin, la plus rare, serait les transformations en objets, tangibles ou non, comme la fameuse transformation en brume.

Les métamorphoses des deux derniers types ont largement été évacuées de nos jours, pour diverses raisons, mais il est difficile de se débarrasser des métamorphoses mineures.

La métamorphose et ce qu’elle implique

En ce qui concerne les vampires, l’une des tendances les plus lourdes de la deuxième moitié du vingtième siècle a été de chercher une explication scientifique aux vampires, ce qui donne au cinéma de vastes scènes risibles ou des scientifiques observent des virus au microscope (pour ceux qui n’ont pas leur bio universitaire, c’est impossible).

Le virus est en effet la seule manière connue d’affecter le matériel génétique. Bien sûr, une altération du matériel génétique ne peut se produire qu’au stade pré-embryonnaire, et en aucun cas chez un individu adulte, mais cette subtilité est largement occultée par les auteurs. Ce qui est rarement occulté cependant, c’est la difficulté d’intégrer dans ce modèle «scientifisant» les métamorphoses les plus lourdes. Comment attribuer à un virus par exemple la transformation en brume ou simplement en chauve-souris, un animal des centaines de fois moins massif que l’humain?
Intégrer ces transformations implique donc de s’écarter de l’explication pseudo scientifique; celle-ci est pourtant reprise dans le mythe du loup-garou. C’est un choix que doit faire l’auteur d’entrée de jeu.

Notons que le jeu entre l’explication de type virus et l’autre, surnaturelle, peut être utilisé avec succès en littérature, comme dans «Dead Until Dark» de Charlaine Harris, où les vampirent expliquent leur «différence» à l’aide d’un virus pour se faire accepter des mortels, alors que Sookie se rend rapidement compte que la réalité est plutôt de l’autre côté, et que son petit ami est un authentique cadavre ambulant.

Les métamorphoses légères du vampire

Si les métamorphoses plus «lourdes» sont largement absentes de la littérature vampirique, les transformations légères au physique sont difficiles à écarter. Des caractéristiques comme les crocs aiguisés (souvent rétractables) ou une coloration différente des yeux et de la peau sont presque universelles. Elles surviennent à la naissance du vampire et sont souvent permanentes.

Le folklore et la littérature plus ancienne accordait une importance démesurée à certaines caractéristiques plus ou moins monstrueuses. Absence de poils sur les tempes, mais présence dans les paumes, doigts anormalement allongés, canines aiguisées, yeux injectés de sang, le vampire est reconnaissable au premier coup d’œil et si le héros n’y arrive pas, c’est parce que le vampire est un phénomène étranger.
Il n’est pas rare au cinéma de donner au vampire une forme alternative, presque démoniaque, au vampire, à des fins essentiellement artistiques (pour être gentil). Ainsi, le masque (ridicule) des vampires de la série Buffy, ou l’apparence repoussante de Dracula dans la dernière partie du film de Coppola. Les vampires particulièrement anciens ou puissants peuvent acquérir une telle apparence, comme dans Blade II ou comme le maître dans la première saison de Buffy.

Quelques histoires font totalement abstraction de ces métamorphoses, même les plus légères. Dans «The Hunger» de Tony Scott, les vampires n’ont pas de crocs, leur apparence est tout à fait normale et ils sortent au soleil sans la moindre difficulté. Ils boivent du sang, vivent éternellement, ont une force surhumaine et exercent un terrible pouvoir de fascination, même à distance, ce qui les identifie sans nul doute aux vampires, même si le mot n’est jamais prononcé dans le film. Dans «La Morte amoureuse» de Théophile Gautier, Clarimonde est d’apparence tout à fait humaine, quoi que d’une beauté oppressante. Elle se nourrit en perçant le cou de son amant à l’aide d’une aiguille.

Le vampire transformé en animal

Je n’ai jamais constaté de référence à la transformation en animal dans le folklore, mais ces métamorphoses sont très courantes en littérature. Ainsi, Dracula se transforme en loup ou en chauve-souris, animaux qu’il peut aussi commander. Dans «La Ville vampire», Paul Féval décrit un vampire qui peut se transformer en monstrueuse araignée. D’ailleurs l’araignée, qui se nourrit des fluides de ses proies, sera parfois associée au vampire par la suite.

Je crois que l’association des vampires avec les métamorphoses animales s’est faite tout naturellement par association à d’autres mythes. Si les vampires sont un mythe très récent (les références les plus anciennes se retrouvent au 17ième siècle), les métamorphes de toutes sortes, loups-garous en tête, sont présents dans toutes les cultures depuis l’aube des temps. La transformation d’un homme en animal est un sujet fascinant. Les vampires, sujet d’une mode littéraire qui a donné des milliers de récits en plus de deux siècles, ont été sujets à toutes sortes d’expériences, d’ajouts et de modifications, phénomène qui dure encore à ce jour. Certaines de ces expériences restent et deviennent des normes, parce qu’elles trouvent une résonance particulière dans le public ou chez les auteurs. La métamorphose en animal est l’une d’elle.
Le loup est une forme intéressante. D’abord effrayante, elle est aujourd’hui associée à la liberté et à la force. Quand à la chauve-souris, elle donne accès aux lieux escarpés. Grâce à cette forme, le vampire peut se glisser par la fenêtre de sa victime, ou encore s’échapper de manière spectaculaire.

Comme je l’ai dit plus haut, je crois que l’explication virale a fait beaucoup pour éliminer la métamorphose du paysage. D’autre part, le vampire est souvent mis en contradiction avec le loup-garou; une forme commune aurait pour effet de confondre deux camps qui doivent rester séparés. C’est une explication qui vaut ce qu’elle vaut. Plusieurs n’ont pas hésité à associer au vampire la même faiblesse à l’argent que celle qui est généralement l’apanage du loup-garou.

Les transformation lourdes du vampire

Les vampires qui se transforment en brume n’ont plus la cote. Inquiétante et franchement surnaturelle, cette métamorphose retire le vampire du camp des personnages exploitables de plusieurs manières.

Premièrement, elle accorde au vampire une sorte de carte sortie de prison automatique. À la moindre menace, le vampire n’a plus qu’à se transformer en brume pour échapper à tout péril. Il faut alors recourir à l’arsenal lourd des faiblesses traditionnelles: cercueil, sang de vierge, etc.

Deuxièmement, elle est incompréhensible. Si elle a pu se révéler inquiétante pendant un moment, la forme de brume a perdu son petit effet. Dans un contexte où le récit de vampire a évolué et où on cherche de plus en plus à tout expliquer, elle devient une sorte de poids mort.

Le cycle des Bergers et la métamorphose

Le roman que je révise actuellement appartient au genre très en vogue de l’urban fantasy, un type d’univers ou le surnaturel est courant et plus ou moins accepté comme normal, du moins pour les protagonistes principaux. Dans ce genre, les lois qui décrivent les différentes «races» en présences se doivent d’être précises.
J’ai décidé d’opter à fond pour la thèse de la métamorphose animale. Tous les vampires de cet univers ont un double animal, dont ils peuvent éventuellement prendre la forme, et tout ou en partie. Les transformations partielles, comme des yeux mieux adaptés à l’obscurité ou les crocs habituels, sont assez facilement accessibles (ce qui me permet de mettre de côté les crocs rétractables, que je n’ai jamais pu digérer).

La transformation complète en animal est moins fréquente, réservée aux vampires plus anciens, qui ont passé un temps considérable à comprendre leur intériorité. Samuel, le soldat de la première guerre mondiale, se transforme ainsi en loup, alors que Nyoto, sorcier Africain, prend la forme d’une panthère noire. Si Myriam a pour double la hyène, elle ne peut pas encore en prendre la forme, mais elle peut accéder sans mal à sa puissante mâchoire et à son excellente vision nocturne. Le prince Rodrigue, vampire millénaire, a comme double l’aigle impérial; il ne pourra donc bénéficier des crocs traditionnels. Ses pouvoirs mystérieux, ceux de la secte hérétique des manichéens, l’autorisent à prendre des formes uniques, comme une ombre vivante, invulnérable sauf aux flammes.
Au delà des questions mécaniques, c’est l’aspect psychologique que je cherche à étudier avec ces diverses métamorphoses. Le double animal n’est pas simplement un paquet de pouvoirs gratuits livrés en vrac; il a un effet profond sur la psychologie du personnage. Son intrusion brutale lorsque l’individu devient vampire contribue à le séparer drastiquement des mortels. Le double est presque toujours un prédateur. L’instinct de chasse devient donc immédiatement une composante du personnage, et les humains ne sont plus des congénères. Par ailleurs, l’ancien double est presque toujours détruit, écartant d’autant le personnage de sa condition de mortel. Le personnage principal, Michel Grandbois, réussit grâce à diverses précaution une fusion de son ancien et de son nouveau doubles. Son intégration à la société des vampires, le Peuple des Bergers, en est d’autant plus difficile.

Les aspects sociaux de la métamorphoses y sont aussi bien présents. Une Inquisition moderne, force devenue prépondérante chez les vampires, associe toute métamorphose au démon. Les pouvoirs les plus naturels des vampires deviennent donc tabous. Chaque personnage vit à sa manière cette interdiction contre-nature.

Les métamorphoses plus complètes, comme la forme d’ombre du prince Rodrigue, sont obtenues de manière occulte, et sont extrêmement rares. Le mystérieux antagoniste, qui sera connu dans le premier tome uniquement sous le terme de «Maître», y prend la forme qu’il désire; celle d’un humain, de son interlocuteur ou d’un simple reflet.

7/19/2011

Forces et faiblesses des vampires 2 — Sang et autre nourriture.

Ceci est le deuxième billet d’une série sur les forces et faiblesses des vampires de littérature, et des choix que j’ai faits pour mes romans.



Régime sanguin — strict, mixte ou végétarien?

La consommation de sang est l’aspect le plus intéressant — et le plus compliqué — de la littérature vampirique. D’abord, c’est un casse-tête, dont tout le monde ne sort pas indemne. Si le héros est un vampire, comment peut-il se nourrir de sang humain? Comment les vampires arrivent-ils à boire du sang humain sans se faire repérer? Le sang animal peut-il suffire? Et le sang des morts? Peut-on enmagasiner le sang? Peut-on survivre avec du sang synthétique?

Les végétariens ne mangent que des animaux

Depuis Vampire : The Mascarade, il est commun d’appeler les vampires qui se nourrissent uniquement de sang animal «végétariens». Le terme a été repris dans Twilight, ou les vampires ne boivent que du sang d’espèces menacées ou en voie de disparition, probablement pour marquer les américanité. Le sang animal est un moyen commode pour toutes les matantes de ce monde de préserver l’innocence de leur petit-vampire-chéri-qui-ne-fait-de-mal-à-personne. Le premier réflexe de Louis dans Interview With the Vampire est de boire du sang de rat, solutions peu viable qui lui vaut les railleries de Lestat. Dans Buffy, Angel survit uniquement de sang animal, et probablement Spike aussi, après que le gouvernement lui installe cette puce mystérieuse qui l’empêche de faire du mal aux humains.

Ailleurs, les vampires ne semblent pas évoquer la possibilité de se nourrir d’autre chose que de pur sang humain tiré de la veine. Il arrive même à Dracula de nécessiter du sang de vierge, ce qui est assez embêtant.

Le sang animal est un des trois moyens les plus utilisés pour balayer sous le tapis les besoins sanguins des protagonistes. J’ai toujours trouvé dommage de liquider ainsi la caractéristique la plus importante des vampires: leur soif de sang humain. Certains auteurs semblent avoir du mal à supporter que leur héros boivent du sang humain. Ann Rice a pourtant parfaitement réussi avec Lestat. Il est vrai qu’elle avait une fâcheuse tendance à gommer les faiblesses des vampires à mesure qu’ils devenaient plus puissants — et Lestat étant à peu près le plus puissant, il pouvait survivre des moi sans une goutte de sang.

En ce qui me concerne, j’adopte l’approche inverse. Les vampires peuvent boire du sang animal, mais celui-ci est trop pauvre pour leur permettre une nutrition complète. Il leur faut en boire beaucoup plus que de sang humain, et le résultat ne sera jamais le même. En vieillissant, les vampires développent un goût pour du sang toujours plus puissant, avec une préférence pour celui des très jeunes enfants ou, mieux encore, leurs propres congénères.

Donnez du sang, donnez la vie

Certains vampires ont recours au sang de donneurs volontaires pour se nourir. Si l’aspect malsain d’un tel échange n’est pas souligné, c’est la manière numéro deux de limer les dents de ses vampires.

On peut supposer qu’une personne deviendrai anémique à force de perdre du sang de manière régulière. Et qu’en est-il des cicatrices laissées par ces repas? On peut être tenté par des analogies au suicide ou à la consommation de drogues dures — personnellement, mes donneurs utilisaient des scarifications afin de dissimuler leurs coupures avec un alibi esthétique.

Sinon, les vampires peuvent aussi faire disparaître ces plaies. Dans VtM, ils le font grâce à leur salive. Dans True Blood, c’est avec une touche de leur propre sang, ce qui est assez bien trouvé.

Les banques de sang

Personnellement, c’est l’échapatoire que je déteste le plus. La banque de sang est irréaliste, dans un premier temps, puisque le sang n’y est jamais entreposé sous sa forme première, mais séparé. Ensuite, une administration complexe entoure leur gestion; un vampire aurait un mal fou à contrôler tous ceux qui y mettent le nez. Enfin, c’est un racourcit moral. En quoi est-il préférable pour un vampire de laisser des gens qui ont besoin de ce sang mourir plutôt que de le puiser directement à la source?

La question simple de l’ambiance pose aussi problème. Le vampire est gardé en vie par magie, non? Le sang réfrigéré garde-t-il ses propriétés magiques? Je préfère dire que non. Évidemement, si vous voulez tout réduire à un virus... En ce qui me concerne, je n’en ai jamais vu la nécessité.

Je dois dire que certains de mes vampires optent pour du sang concervé, cette fois à travers des pratiques alchimiques mystérieuses. Les vampires qui possèdent ce savoir le gardent jalousement, car il leur apporte un grand pouvoir. Une infime portion de ce sang provient de banques de sang: c’est le sang ombilical. Le vampire qui s’en procure est à la tête d’un vaste réseau d’universitaires, formé durant des années avec moult meurtres et coups de force.

Et les vampires psychiques?

Je n’ai pas encore vu beaucoup de cas de vampires qui se nourissent radicalement de simple force vitale. Pas de vampires à proprement parler, c’est-à-dire des personnages qui partagent les autres caractéristiques classiques des vampires (crainte du soleil, peau blanche, force surhumaine, sens développés, par exemple). Le vampire psychique est surtout une commodité pour les freaks qui veulent se faire passer pour des vampires mais pour qui la notion de boire du vrai sang est un peu rédibidoire. Ceux que l’on croise brièvement dans Lost Souls m’avaient assez effrayé, je dois l’admettre. Mais très peu pour moi; mes vampires resteront au strict régime sanguin.

Les vampires et la nourriture

Les vampires boivent du sang (en général), mais qu’en est-il des autres aliments? Le problème est rarement soulevé en littérature.

Le cinéma présente toujours des vampires qui boivent de l’alcool. Leur style de vie chic et nocturne ne semble pas pouvoir être conçu autrement. Dans Buffy, les vampires boivent sans arrêt, et Spike émet même une curieuse préférence pour les ailes de poulet du Bronx. Ailleurs, en revanche, les vampires émettent un dégoût appuyé pour toute nourriture autre que le sang. Témoin Jessica dans True Blood, qui refuse de cuisiner pour Hoyt simplement pour ne pas entrer en contact avec ces «choses mortes». HBO appuira sur ce fait dans le blog imaginaire de Jessica, ou elle affirme qu’elle ne supporterait pas que le micro-ondes qui réchauffe son True Blood serve aussi à chauffer des plats congelés.

Le jeu de rôle Vampire: The Mascarade, dont l’influence est assez affichée, les vampires ne peuvent tout simplement pas garder de nourriture dans leur estomac. Quand j’ai fait du grandeur nature, rien ne me cassait l’ambiance comme de voir mes confrères «vampires» grignoter ou boire des boissons gazeuses.

Et s’il faut référer à l’autorité suprême, pensons à Dracula, qui ne partage jamais les plats qu’il sert à Jonathan Harker. Bela Lugosi ajoutait même qu’il ne buvait jamais... de vin. La phrase était reprise dans Lost Souls, par des vampires qui, il est vrai, s’éclataient joyeusement à la chartreuse, et se moquaient d’un comparse qui ne supportait pas la moindre goutte d’alcool.

Je suis un grand partisan des vampires au régime strict de sang. Cela nuit bien sûr aux tentatives d’intégration à la société mortelle, mais tant mieux. Si les vampires ne peuvent pas se présenter à la cafétéria de leur école, ils devraient se rendre compte qu’ils n’ont aucune raison d’y foutre les pieds. Les vampires et les mortels devraient être différents, et radicalement séparés; sinon autant écrire directement des histoires de super-héros.

Comme je suis passablement porté sur la bouteille moi-même, je laisse (parfois, seulement parfois, et pour les vampires plus jeunes) les vampires mêler le sang et l’alcool. Si le liquide qu’ils boivent est avant-tout du sang, tout va bien.

7/16/2011

Créer la couverture de votre livre

Réaliser la mise en pages d’un roman est relativement simple. Les règles sont bien définies, le choix de police est relativement restreint et, dans le doute, on peut toujours copier la présentation des livres des grandes maisons. Et ce qui concerne la couverture du livre, c’est une autre histoire. Là, on tombe dans la créativité pure. Les règles ne sont plus des lois, mais des guides qui peuvent être brisés avec un certain succès. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour l’amateur. Car l’échec de la couverture est simple à évaluer: c’est l’échec du livre.

La couverture d’un livre est son principal vendeur, et c’est le plus souvent le seul. Vous pourrez toujours le vendre à votre mère ou le vanter jusqu’à perte-salive dans un salon ou un autre, mais en dernier recours, votre livre devra se défendre seul, sur une table (si vous êtes chanceux), sur une étagère, sur un présentoir, ou tout simplement dans un catalogue. Chaque fois, les lecteurs potentiels ne feront qu’effleurer la couverture des yeux avant de décider ou non de lire le quatrième de couverture. Et après avoir lu le quatrième, il regarderont une nouvelle fois la couverture.

Lisez la suite de créer la couverture de votre livre sur le blogue de Philippe Roy

7/15/2011

Anatomie d’une couverture de livre

Ma série d’articles sur la mise en page d’un livre de fiction (roman ou recueil de nouvelles) comporte de très loin les messages les plus populaires de ce blogue. Elle n’est pas tou-à-fait terminée. Il me reste, entre autres, à publier un article sur le design des couvertures de livres, qui est presque terminé. En attendant, j’ai vu atterir dans mes RSS ce très intéressant article sur le même sujet.


Anatomy of a book cover.

MISE À JOUR — L’article sur la mise en page d’une couverture de livre a été écrit depuis.

Forces et faiblesses des vampires : l’heure de choix

On a beau être fan, il faut rester objectif: il y a des choses que je déteste dans les histoires de vampire. Des passages obligés, auxquels tout les lecteurs s’attendent. Même ceux des comités de lecture des éditeurs. Je le sais, pour m’y être frotté.

Le plus classique est certainement la bonne vieille énumération des forces et des faiblesses vampiriques.

7/06/2011

Livre numérique en français — quels sont les freins?

Bon, puisque je possède maintenant un Kobo, je peux de plein droit me déclarer expert en livres numériques. Les lecteurs francophones qui se partagent un bout d’écran gris sont mes frères. À moi de parler pour eux tous, et surtout sans attendre qu’ils me le demandent.

Alors que le livre numérique est en train de submerger les États-Unis (et probablement aussi le Canada anglais, parce qu’une frontière, ce n’est pas toujours grand chose), il tarde à être accepté par les lecteurs francophones. Deux malheureux pourcent, aux plus ou moins dernières nouvelles. Au point que certaines maisons d’éditions françaises, Gallimard en tête, proclament que le livre numérique est un non phénomène, curieusement publicisé au-delà de son importance.

Le DRM, cet ennemi

L’insuccès manifeste du livre numérique en français a pourtant toutes les allures d’un désastre (bientôt une crise) planifié par ses fossoyeurs. Les responsables? Des prix irréalistes d’abord (aussi chers ou presque que la version papier, alors que les titres à moins de cinq dollars abondent dans l’offre américaine). Les lecteurs paieraient plein pot pour un tas de pixels? Peu de chance. Surtout quand ces pixels sont pourris de DRM.

Parce que le voilà, le grand ennemi. Plus que le prix, selon moi, le DRM est un frein. Le DRM qui dit: vous achèterez notre livre, mais ne pensez pas en faire ce que vous voulez. Si vous l’achetez sur votre ordinateur, vous le lirez sur votre ordinateur, pas sur votre belle liseuse toute enuve achetée exprès, non de non! Ça serait de la copie. Pire! Du piratage.

Les éditeurs on très peur du piratage. Ils ont raison. C’est une plaie. Mais les DRM sont une arme imaginaire. Pour un pirate, elle se défonce en cinq minutes. Pour Gertrude la grosse lectrice, c’est un frein. Elle achète un livre, elle ne peux pas le lire. Que fera-t-elle? Retourner à ses habitudes en papier, voilà ce qu’elle fera.

Chers éditeurs, je vais vous dire ce qui est un frin au piratage : publiez des livres en français d’abord, les réseaux peer to peer les détestent. Il faut une masse critique, voyez-vous. Bon, ça ne protège pas de la copie privée, cet ignoble crime, mais pour ça, il y a une meilleure solution: publiez des livres insipides et sans intérêt. Bon, vous avez déjà tout bon sur les deux premiers points? Alors que craignez-vous?

Les majors on cru que le démon du piratage allait engloutir leurs précieux avoirs, jusqu’à ce qu’une offre raisonnable, abordable et accessible permette aux gens de payer ce qu’ils désiraient. Côté pirate, c’est les virus, la qualité de merde, la recherche et l’attente. Côté légal, c’est propre, rapide et ça sonne bien, pour la moitié du prix du cd. Ça marche du tonnerre. Ça marchera aussi pour le livre.

Au Japon, le piratage est une machine bien rôdée. Les livres numériques tardent à être accessibles à un public pourtant technologiquement éveillé et très équipé. Résultat, des gens prennent leurs précieux livres, coupent la tranche, les passent dans un scanner à haute efficacité avec reconnaissance de texte, produise le fichier électronique (qui semble si difficile et cher à produire quand les éditeurs en parlent) et distribuent le résultat boiteux pour pas un rond. Vous croyez qu’ils se donneraient tout ce mal si les livres étaient disponibles en belle version sans DRM à prix raisonnable?

Et justement, l’accessibilité

Le troisième gros frein, après le prix et les DRM, c’est l’accessibilité. Encore un truc impossible à comprendre quand on parle français, semble-t-il.

Les producteurs de liseuses sont tous des livraires, sans exception. Tous s’y sont mis. Apple a même lancé sa propre librairie avec l’iPad (c’est d’après moi l’unique raison du boum, car elle a amené une baisse rapide des prix des liseuses).

J’ouvre mon Kobo, et Indigo me balance sa camelotte au visage. Le principe n’est pas original, ils l’ont copié sur Amazon. Sony fait la même chose. Et Barnes & Nobles, qui sera peut-être sauvé de la faillite par son offre numérique uniquement. Essayez d’acheter d’un cucurrent pour voir… Ben non, ça marche pas. Ils vendent leur camelotte, et cette camelotte est en anglais. Vous voulez du français? Alors il faut y aller à la dure. Chercher sur votre ordi, télécharger, installer Calibre (parce que le logiciel fourni ne permetra pas le tansfert), transférer les livre un à un. Des livres gratuits. Pas des pirates parce qu’il n’y a pas d’offre pirate. Des libres de droits, ça il y en a. De masses. Et que du bon. Le domaine public, c’est le contraire de l’édition: la crème monte facilement à la surface. Hugo, Blazac, Daudet, Dumas, et puis tous les autres, ils sont tous là. Elle est là, votre concurrence, messieurs les éditeurs. Ils sont immortels, ils sont nombreux, ils sont beaux et vos lecteurs en raffolent. De votre côté, vous avez la qualité et la nouveauté. Vous l’avez mise sur votre site? Sur le site de la FNAC, de Archambault? Je ne l’achèterai pas.

Pas parce que c’est trop cher.

Parce que ces sites sont bourrés de DRM. Et qu’ils n’avertissent pas les pigeons qu’une fois leur livres achetés, ils seront incapables de les installer sur leurs liseuses, et que leur fichier de base est biodégradable.

L’achat impulsif est la clé

Une petite observation au passage: tous les grands marchés qui se sont ouverts dans le numérique avaient pour clé l’achat impulsif. Apple avec la musique, à 99¢ le morceau. Apple encore, avec les application iPhone, modèle reproduit avec succès sur le Mac AppStore. Et Amazon avec le livre à (encore une fois) 99¢.

Les deux mamelles de l’achat impulsif sont le prix réduit et l’accessibilité. Le client voit quelque chose. Il a sous les yeux tout ce qui peut influencer sa décision (essentiellement les notes des autres utilisateurs). Le prix est assez bas pour qu’il n’aie pas à repousser son achat à plus tard. Il veut, il peut, il achète.

Les éditeurs ont créé la crise

Une petite crise, à vrai dire, bien pantouflarde, confortable. Cessez de braire à propos des livres numériques, personne ne les achète!

Il finira bien par avoir quelqu’un, pourtant, qui comprendra. Ce sera un éditeur un peu moins obtus, ou un auteur autopublié. Et là, le vieux modèle s’écroulera.

Le cas de l’accessibilité est difficile à résoudre. Peu de libraires ont les moyens de se payer une liseuse maison. Mais les tablettes avec leurs applications permettront à court terme de contourner le problème. D’ici trois ou quatre ans, leurs prix auront rejoint ceux des liseuses.

En attendant, je retourne lire mes livres. Rien qu’avec Zola, j’ai amplement le temps d’attendre qu’un éditeur — ou un libraire — daigne me proposer d’acheter un livre.

7/04/2011

Lecteur de livres numériques — ma première expérience.


Je me suis payé un tout petit cadeau d’anniversaire: un Kobo, lecteur de livres numérique ou ebook, comme disent les Français. Jusqu’à présent, je n’avais connu la lecture numérique qu’à travers le (très petit) écran de mon iPod Touch, ce qui était déjà pas mal. J’ai ainsi lu Le Comte de Monte Cristo, qui est tout de même une belle brique.

Alors, première impression?

Les lecteurs sont encore chers

L’arrivée du iPad a bousculé les prix des lecteurs numériques, en particulier le Kindle dont le prix a fondu du jour au lendemain par crainte de la concurrence du nouveau joueur. Tout de même, ils restent selon moi trop chers pour démocratiser réelement la lecture numérique.

Un Kobo Touch dernière génération coûte environ 150 $. Comme je suis futur papa et que je dois être raisonnable avec mes sous, je me suis rabattu sur l’ancienne génération, pas Touch du tout, et reconditionné, ce qui m’a réduit le prix à 60 $. Plus raisonnable. Cependant, la machine vient sans manuel, et avec une note qui dit de télécharger le dit manuel sur le site internet de Kobo. Surprise, le lien ne fonctionne plus, et toute la documentation en ligne ne concerne que le Kobo Touch. Il n’existe aucun support en ligne pour ma machine, dépassée depuis un gros six mois. Pas fort. L’apprentissage se fera donc à la dure.

Le livre numérique, c’est compliqué?

Ils ont beau nous les faire payer chèrement, les vendeurs de liseuses sont avant tout des libraires. Le Kobo est très simple lorsqu’il s’agit d’acheter des livres en ligne. J’avoue que je comptais surtout pour le moment me nourrir de l’abondante ressource en livres libres de droits que constitue Internet, plutôt que de leur pauvre collection de livres en anglais classés par ordre de ventes (le pire classement en ce qui me concerne).

De plus, la liseuse vient avec cent livres inclus (tous des classiques en langue anglaise) et le logiciel fournit avec le kobo ne permet pas d’y avoir accès. Un comble!

Comme toujours, tout est compliqué à moins de connaître les bonnes adresses. J’ai téléchargé Calibre, un horreur d’ergonomie mais qui fait le travail. Je peux maintenant glisser dans ma liseuse tous les livres que je désire, pdf compris.

Qu’en est-il du confort du papier numérique?

Ce qui m’a décidé à donner leur chance aux liseuses plutôt wue d’attendre d’avoir amassé assez de sous pour me payer une tablette (et en particulier un iPad, parce que je me contente rarement de moins), c’est la renommé de la technologie eInk, qui offre sur numérique le confort de lecture du papier.

Ça c’est la théorie. Qu’en est il en pratique?

Le contraste du papier numérique

Je m’attendais au bon vieux contraste noir sur blanc, c’est plutôt gris foncé sur gris moyen. Le paier a encore de beaux jours devant lui. Mon iPod Touch faisait mieux.

Le papier numérique est lent

Il faut presque une minute pour que ma tablette passe d’inactive à l’ouverture de mon livre. Le livre papier reste imbattable. L’iPod Touch est encore une fois meilleur.

Outre l’ouverture, le passage d’une page à l’autre n’est pas instantané. Presque chaque page, je dois faire un effort pour me souvenir comment commençais la phrase que j’étais en train de lire.

L’autonomie

L’écran eInk n’est pas rétroéclairé. Cela confère à la lectrice un avantage incontestable sur les tablettes : l’autonomie. Je n’ai pas encore eu à recharger ma liseuse au bout d’une semaine. Bien sûr, à ce compte, le livre papier est insurpassable.

La taille de l’écran est-elle confortable?

J’étais un peu anxieux à cause de la taille de l’écran. Une diagonale de six pouces me semblait insuffisante. C’est sensiblement plus petit qu’un livre de poche, par exemple. À ce compte, les tablettes font mieux (mais pas mon iPod Touch, je dois l’admettre).

À l’usage, je dois dire que l’écran semble suffisant. L’objet lui même est tout petit, léger (plus qu’un livre papier ou une tablette), la prise en main est confortable.

Pour les livre en pdf, qui n’ont pas la souplesse des epub, l’écran s’avère beaucoup trop petit. Il est possible de naviguer dans une grande page, mais le temps de rafraîchissement de l’écran est trop considérable pour que ce soit une option réaliste.

Et la résolution de l’écran?

Les caractères sont bien plus nets que sur un écran de tablette, de iPod ou même un livre papier. Je suis très impressionné sur ce point.

Je peux de nouveau acheter des livres!

L’encombrement est la principale raison qui m’a poussé à m’acheter une liseuse. Avec le bébé en chemin, mon univers a soudain rétréci, et acquérir de nouveaux livres devenait hors de question. Maintenant, ce n’est plus un problème. Pour un jeune qui démarre dans la vie, ce genre de considérations a son poids. Soustrayez au prix de la liseuse celui d’une bibliothèque pour entasser les livres, pour voir... Sans compter que cette bibliothèque devient tout à coup transportable partout.