5/31/2007

La glace me brûle

La glace me brûle.

Je vis environné de cette glace, et les gens ne me voient plus qu’à travers elle. Elle m’emprisonne, trouble mon sommeil, empèse ma solitude. Lorsque je me déplace, c’est en traînant cette forteresse avec moi. Elle pousse l’audace jusqu’à s’immiscer en moi, saisir mon estomac et le serrer dans ses mains de glace. Puis, d’une des griffes aiguës qui les garnissent, elle chatouille mon cœur, menaçante, pendant que celui-ci se débat, tente de sortir de cette cage d’os qui ne lui offre qu’une protection illusoire.

Je ne peux dire quels moments je redoute le plus, entre celui où, pressé de toute part par cette glace brûlante, je reste debout, à moitié étouffé et incapable de penser à autre chose qu’à toi, ou celui où, comme se détachant tout à coup de l’effroyable banquise de tous les amours, je suis secoué jusqu’aux larmes, souffrant au point de n’arriver à le dire.

Devant toi, pourtant, toute cette glace chauffe encore plus, au point de fondre et de libérer mon corps avide de ce répit. J’ai beau t’aimer à cœur rompre, je n’ai besoin de rien d’autre que cela: ta présence, et ce soulagement.

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