10/14/2011

Comment vous donner des nouvelles

Peu de mises à jour, puisque mon nouveau boulot de papa me prends pas mal de temps et, surtout, d’énergie.

Me voici en effet dans le club pas très sélect des écrivains qui composent avec un travail, une famille et l’écriture. Je suis tout de même parvenu à envoyer un nouveau texte, ou verra ce qui se produira. J’ai un peu l’impression que mes travaux d’écriture stagnent mais j’ai tout de même trois textes devant des comités de lecture, ce qui est à peu près un record personnel.

J’ai commencé hier à me remettre aux révisions de mon roman, accomplissant des retouches au style alors que j’ai bien un chapitre ou deux à rajouter. C’est tout de même rassurant de constater que je peux encore travailler le style malgré les interruptions de ma nouvelle (et toute petite) patronne et les nuits en trois ou quatre morceaux. L’automne, heureusement, m’inspire toujours autant.

Pour continuer dans la tradition un peu négligée, voici un extrait de mes travaux d’hier.

Alors cette période ancienne lui revint, qu’il avait presque oubliée, une vie de mercenaire au service d’un pape, puis d’un seigneur, enfin d’un roi, l’époque où il se baignait dans un sang qui n’avait pas encore une odeur délicieuse, où il fouillait les cadavres avant de les abandonner aux corbeaux, afin de prendre un peu d’avance sur une solde qui ne venait pas toujours. Le sang ramollissait la terre sous ses pieds, la transformait en boue que le soleil venait sécher; en pourrissant, elle prenait l’odeur infecte de la mort. L’odeur était revenue, portée par les guerres toujours plus meurtrières auxquelles Jérôme avait échappé, caché dans la Sanctuaire; mais le soleil... Il avait presque oublié le soleil. Étrange que ce soit le rêve d’une poignée d’ombre qui vienne le lui rappeler.

Le personnage se laisse aller à ses rêveries dans un épisode où il raconte un rêve étrange à ses amies les gargouilles. Je souligne ce point afin d’avoir un prétexte pour glisser ici une petite image des superbres gargouilles de Notre Dame de Paris, prise par moi-même en personne.

Là dessus, je vous embrasse et retourne changer les couches.

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