Y a-t-il de mauvaises raisons d’écrire?

Il y a toutes sortes de raisons pour écrire. Y en a-t-il de mauvaises? Peut-être.

Je suis rentré de plein pied dans le web 2.0. Il était temps, sans doute. Je peux dire à ma défense que le domaine de l’écriture n’est pas celui qui s’est attaché le plus vite à l’aire numérique. Le livre électronique a longtemps traîné de la patte, faute d’offre, de standard et de lecteur abordable. Tout a changé. Apple a lancé le iPad et sa librairie en ligne, imposant du coup le format epub (ouvert et libre de droits) comme standard. La concurrence (Amazon en tête) a dû réagir en en livrant ses tablettes à un coût moindre (quoi pas encore abordable, mais cela viendra bien assez tôt). En parallèle, les iPod Touch, iPhone et téléphones Android permettent la lecture de livres dans tous les grands formats (et curieusement, ils sont lisibles). Bref, une quantité énorme de gens ont maintenant un lecteur crédible entre les mains, les standards existent, et l’offre peine à satisfaire à la demande. Dans la francophonie, les éditeurs ont un certain retard, et s’entêtent à vendre le livre électronique au même prix que la version papier, ce qui est perçu comme ridicule par les lecteurs. Cette conception étroite va bientôt voler en morceau, par l’arrivée de nouveaux joueurs, et par la possibilité pour un auteur de traiter avec les distributeurs en ligne directement. Déjà, les sites d’actualité littéraires ressemblent à des sites techno, annonçant les innovations du domaine des livres électronique ou passant en revue les liseuses mises sur le marché. L’an prochain, l’offre francophone crédible va exploser, réduisant en poussière les vieux fossiles. Et j’aimerais être là.

Je suis entré de plein pied dans le web 2.0. Je suis toutes les maisons d’édition sur Facebook, je suis inscrit dans six réseaux sociaux (quatre de trop), j’écris sur mon blogue plusieurs fois par semaine. Il semble que ce soit la chose à faire de nos jours. Exister, peut-être pas aux yeux du monde, mis au moins à ceux des robots qui indexent les sites sur Google et les autres. Créer une toile à soi, avec des liens hyper texte partout, et des petits mots-clefs ça et là afin d’être prêt, le jour venu, à bondir sur sa proie. Je le suis.

Et il y la vogue, la terrible vogue des vampires. Elle n’a pas encore frappé l’édition Québécoise; sur cela aussi, elle a un train de retard. Elle en est encore au mode mépris d’un sous genre à la mode. L’an prochain, quand le monde en aura vraiment assez, elle proposera des centaines de titres, tous plus ou moins calqué sur Twilight, afin de manger à l’auge de la Bitlit de la même manière qu’elle a tenté de le faire avec la Fantasy, après le succès qu’elle a tant dénigré des Chevaliers d’Émeraude. J’aimerais arriver juste à ce moment là.

C’est cela qui me fait écrire, chaque jour maintenant: ce sentiment d’urgence. Est-ce une mauvaise raison d’écrire? Y a-t-il de mauvaises raisons d’écrire?

Commentaires

Anonyme a dit…
Conseils tres interessants. A quand la suite?

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