1/30/2011

Magia Posthuma: Visum et repertum

Sur le très intéressant blogue «Magia Postuma», une des sources les plus fournies sur l'histoire des vampires que j’ai rencontrées jusqu’à maintenant, j’ai trouvé un article très complet et intéressant sur le «Visum et Repertum», document qui a littéralement engendré le mythe des vampires.

Magia Posthuma: Visum et repertum: "One of the most important sources for the history of vampirism is the report Visum et Repertum written and attested by military surgeons in ..."

Tiens, je crois bien que c’est mon premier titre d’article entièrement en latin.

1/21/2011

Typographie mise en page et édition : ajourd'hui je pète ma coche

Je dois arrêter d'aller dans les salons du livre. On y fait toujours de mauvaises rencontres.

Il y a deux types de maisons d’éditions dans un salon du livre. Les grosses bien établies, et les petites. Les grosses se fichent de vous. Ils ont loué leur espace et compte sur leurs vedettes pour vendre; ils ne vont pas se salir les mains à toucher leurs clients, ceux-là même qui les engraissent en achetant leurs livres hors de prix. Ce sont le petites qui sont dangereuses. Celles gardées par les auteurs eux-mêmes, du matin au soir, ou par l'éditeur-monteur-illustrateur-distributeur-correcteur-d'épreuves. Ceux là vous assaillent, vous collent dans les mains leur bébé braillard, qu'ils aiment de toutes leurs forces, et qu'il vendent aussi cher que les rejetons médiatisés des grosses maisons (ce qui veut dire qu'ils sont sans doute aussi bon, non?)

Et moi, bien sûr, je me mets à leur place. J'anticipe déjà le moment où je devrai cogner à leur porte, recourir à leurs services, eux qui osent donner une chance aux nouveaux comme moi, que les grosses maisons établies boudent dans leur soif de certitude et d’auteurs à la mode. Alors j’ouvre le livre. Là, souvent, je grimace. La typographie est si mauvaise qu’elle en fait mal aux yeux.

Il arrive même que la grimace arrive avant l’ouverture, d’ailleurs.

«C’est une maison d’édition consacrée uniquement à Machin-Chose. C’est un criminologue qui écrit des romans policiers scientifiques. Ce sont les meilleurs livres de la terre.»

Si «Machin-Chose» est un titre fictif, le «meilleur écrivain de la terre» est rigoureusement authentique.

Mais voilà, Machin-Chose-le-meilleur-écrivain-de-la-terre est assez mal tombé pour la mise en forme de son livre. Le titre est en arial gras tout-écrasé, comme sur une affiche de chien perdu (et probablement écrasé aussi, mais c’est une autre histoire). Le maquettiste (que je soupçonne avoir juste en face de moi) voulait avoir des lettres assez hautes, mais il ne s’est pas donné la peine de trouver une fonte condensée. Ce qui donne quelque chose du style :



«C'est vous qui faites la mise-en-page? demande-je.

— Be sûr.»

Et me voilà qui lui explique qu’il ne faut pas déformer une police de caractère comme ça, ça se fait pas, c’est pas professionnel et que (cerise sur le sundae) en tant que graphiste, je n’achèterais jamais un livre ainsi monté.

Je vois bien que je lui ai fait mal, mais il semble tout de même intéressé à entendre mes opinions, sans doute parce que cela expliquait en partie la raison pour laquelle il n’avait pas vendu un livre de la journée. Alors j'’ouvre le livre, cherchant d’autres erreurs (ma générosité est sans borne).

«Ben juste là, vous voyez, c’est un faux italique.» Là. je viens de lui apprendre que les faux italiques existent. «Ça saute aux yeux: les caractères ont été penché de force, au lieu d’être remplacé par le véritable italique. Les «a» en particulier sont caractéristiques.

— C’est parce que en garamonede (accent anglais pour dire «garamond, ndr), l’italique est super laid.»

Je tiens ici à souligner que je ne l’ai pas frappé avec la table. Il m’a fallu une certaine maitrise.

Je n’ai pas acheté le livre. Je me disais que, puisqu’ils étaient écrits pas Machin-Chose, ils deviendraient sans doute un succès. Je me disais surtout que j’avais déjà vu des livres montés avec les pieds, et ils étaient invariablement écrits avec les pieds aussi. Après tout, si un éditeur n’apporte aucun soin à la présentation des œuvres qu’il vend, pourquoi accorderait-il de l’importance à la langue, au style, à la structure de narration? Ils vivent dans une sorte d’illusion du pouvoir de l’inspiration, sans doute. Reste que j’ai gaspillé assez d’argent à lire leurs merdes.

Ce n’est pas si mal quand les énormités sont commises par des pauvres bougres sans moyens, et donc sans risque de contagion. Force est d’admettre que des titres beaucoup plus vendeurs assassinent régulièrement la typographie. Là encore, les grosses maisons font leur boulot correctement, avec des livres à la typographie irréprochable. Mais quelques unes, portées par le succès étrange d’une quelconque série complètement imbuvable, finissent abondamment distribuées, jusqu’à ramper sur les étals des pharmacies. Je ne donnerai pas de nom, le milieu est petit, mais avisons le cas du double emploi de l’alinéa.

Au cas improbable où un des scabs qui montent ces livres passeraient par ici, un alinéa sert à marquer un changement de paragraphe. Ceci afin de faciliter la lecture. Il peut arriver que, à la place d’un alinéa, on laisse un peu plus d’espace avant un paragraphe (et, notez bien, jamais un saut de ligne complet, qui cause l’apparition d’un blanc disgracieux). Jamais on n’utilise les deux méthodes. C’est l’une ou l’autre. De manière générale, en littérature, on emploie l’alinéa, pour deux raisons bien simples. Premièrement, cela sauve du papier. Deuxièmement, les livres contiennent bien souvent des dialogues, ce qui signifie une série de courts paragraphes. Dans ce cas de figure, la page deviens une série de petits blocs gris saccadés, et le lecteur peut parfois tourner huit ou neuf pages avant que le héros aie terminé de dire à sa belle qu'il parviendra à repousser les repoussant Repouss (sorte d’orcs-lézards, plus gros et plus laids que les hommes lézards du premier tome) et qu’il l’aime depuis la première fois qu’il l’a aperçue, et plus encore maintenant qu’elle est la mère de leur enfant (désolé si je vous ai vendu un punch).

Donc bref, on ne laisse jamais d’espace entre les paragraphes d’un texte littéraire, a fortiori une ligne entière. Pas parce que c’est une faute, mais pour des raisons pratiques. Ce qui est une faute, c’est de laisser à la fois un alinéa et un espace avant le paragraphe. Ouvrez n’importe quel ouvrage chez vous, vous verrez qu’ils sont montés avec un alinéa seulement. Les publications employant les deux moyens sont très rares (à part une certaine maison de matantes, je ne l’ai vu qu’une fois, dans un journal culturel à petit tirage qui n’a pas fait long feu).

Pour illustrer mon propos, voici une exemple concret:

Ça peut sembler pas si mal, mais maintenant, comparons avec cette page de la biographie d’un certain premier ministre, qui elle a été publiée par une vraie maison d’édition:

Même format, même fonte, mais la mise en page est tout de suite plus régulière. À vrai dire, la copie du haut ressemble à un manuscrit. Ceci explique peut-être cela : ces petites maisons publient peut-être sans lire.

Ceci dit, je vous ai menti. Il m’arrive encore d’avoir la faiblesse d’acheter des livres à la typographie douteuse, moitié pour encourager les jeunes, moitié pour découvrir de nouvelles maisons d’éditions. Au dernier salon du livre, moi et ma copine avons chacun pris ainsi un livre qui, curieusement, respectait les alinéa, mais pas dans les dialogues. Les tirets marquant les répliques étaient rigoureusement collés à la marge, ce qui en rendait la lecture difficile. Je fus le plus chanceux, mon roman étant simplement insipide et parfois un peu trop didactique, certaines répliques servant uniquement à montrer que l’auteure avait demandé des traductions à des amis parlant arabe ou espagnol. Ma copine a pris une triste histoire de sorcières dont les cinquante premières pages étaient remplies de détails insignifiants répétés au moins trois fois et de réactions improbables de personnages unidimentionnels, soulignées à gros trait, comme pour nous les faire avaler de force. Comme quoi, quand la typographie fait défaut à un livre, elle n’est jamais seule.

1/19/2011

«L’Horloge vivante» est maintenant disponible


Voilà. Le numéro 177 de l’importante revue Solaris est disponible, et avec elle ma nouvelle «L’Horloge vivante». Je viens de recevoir le numéro et je n’ai donc pas eu le temps de le lire, mais il semble qu’il porte sur la thématique du cauchemar, ce qui colle assez bien au texte (et pas d’inquiétude, la chute n’est pas «Et il s’aperçut que ce n’était qu’un rêve»).

Comme je l'ai spécifié dans un message précédent, c’est mon retours à l’édition depuis très longtemps. Maintenant que la glace est brisée, j’ai bien l’intention de renvoyer quelques textes à l’occasion. Depuis quinze ans, ils se sont accumulés ;)

1/15/2011

Une conférence de David Carson

Papier et créativité

J’ai commencé hier la relecture de mon roman, après l’avoir laissé décanter durant quelques mois. Mes lecteurs privilégiés m’ont donné leurs avis et, ma copines ayant été indulgente, j’ai largement assez de place pour écrire mes propres notes sur la copie qu’elle m’a rendu. Sur les six premiers chapitres, deux m’ont semblé assez faibles. Et j’ai pu renouer avec la méthode qui me réussi le mieux pour trouver des solutions: coucher des notes sur le papier.

Pendant très longtemps, j'ai d'abord écrit mes histoires à la main. Par obligation d’abord, puisque je n’avais tout simplement pas d’ordinateur — cette période n’a pas duré longtemps. Ensuite, c’était simplement par commodité, car je pouvais très bien traîner un cahier avec moi, pour les moments d'inspiration. Je n’avais pas encore d’ordinateur portable. Enfin, l’écriture au stylo était simplement plus fluide. C’est très dommage, parce que j’ai toujours eu la flemme de tout retaper ensuite (et du mal à relire ma propre écriture).

Surtout, le traitement de texte est une invention relativement lourdingue. Travailler avec ce truc n’est pas facile, naviguer dans le texte finissait par me prendre tout mon temps. Bon, pour un auteur qui aurait connu la période faste des machines à écrire, mes lamentations doivent sonner relativement creux, mais il reste que Scrivener, avec ses commodités merveilleuses et son interface intuitive, m’a presque séparé tout à fait de mon cher papier.

C’est pourquoi j’ai été surpris hier par l’aisance avec laquelle j’arrivais à dénouer mes problèmes de narration. Quelques paragraphes de note, et tout devient clair: le cheminement du récit, le maniement de la narration, l’ajout de péripétie, la cohérence thématique. J’y arrive singulièrement mieux avec un stylo qu’avec un clavier. Il semble que Scrivener ne parviendra pas à totalement m’affranchir des notes éparses qui traînent et s’accumulent encore autour de moi.

1/11/2011

Ainsi, vous voulez écrire un roman sur les vampires?

Je suis tombé sur des piles de blogues sérieux portant sur les aspects historiques des vampires, plutôt que la fiction. J’écrirai sans doute un article à ce sujet quand j’aurai eu plus de temps pour explorer.

Cependant, l’un de ces sites m’a permis de découvrir, paradoxalement, le site TV Trope, sorte de wiki à propos de la fiction, justement. L’article «So you want to write a vampire novel», bien que ne pouvant guère servir qu'aux débutants, est suffisamment amusant et riche en liens vers des concepts voisins (à la wiki) pour valoir le détour.

Je vous en fait donc profiter:

So you want to write a vampire novel

Et je repars surfer.

Catalogues de vins

J'ignore si ces propositions seront acceptées, mais je les aime bien et je veux les partager avec vous. Il s'agit du redisign de certains catalogues de vin.


1/10/2011

Nouvelle présentation

Je reprends lentement contact avec le design web, après des années passées principalement à l'impression de menus et de cartes. J'en profite pour découvrir (et expérimenter) l'extraordinaire fonction @font, qui permet de lier une page à une fonte contenue sur un serveur distant (dans mon cas) ou local. Cela permet de présenter sa page avec plus de choix que les sempiternel Georgia/Times New Roman/ Arial/ Verdana.

Dans mon cas, j'ai choisi la magnifique fonte «OFL Mill Goudy», abritée par les serveurs Google (encore eux).

En attendant de récupérer le dernier exemplaire de mon manuscrit encore chez un lecteur privilégié, j'ai la ferme intention de continuer à personnaliser cette page, qui en a bien besoin.