11/05/2010

La Grotte

Un court extrait du chapitre sur lequel je travaille:

«De ce côté, on arrivait assez rapidement à un stationnement à étage, adossé au fleuve, qui défigurait depuis une cinquantaine d’années l’une des plus belles vues sur le quartier historique. Il appuyait ses colonnes de béton sur les fondations des anciennes fortifications. Michel et Myriam descendirent un petit muret, peut-être la construction la plus ancienne de toute la cité. À ses pieds, coincé entre la pierre et l’eau, peut-être trois mètres au-dessus du fleuve, il y avait un petit sentier tracé par l’obstination des pas. Myriam s’engagea dans cette direction, Michel sur ses talons. Il connaissait bien ce sentier, comme beaucoup de jeunes gens, mais l’évitait désormais, comme la plupart des Bergers, gênés par la proximité de l’eau courante. Ils marchèrent vers le nord, au confluant de la rivière, plus large et moins furieuse à cet endroit. Là, ils prirent la passerelle dite «des amoureux». En regardant par-dessus son épaule gauche, Michel aurait pu voir la poudrière, et la fenêtre qu’avait enjambée le livre de chair fuyant pour sa vie, quelques semaines auparavant. Et, presque juste au-dessus, au sommet de la falaise, la cathédrale Saint-Michel, où se jouait la destinée d’un prince de mille ans.»

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