4/10/2009

La critique

Voici un commentaire que j'ai fait sur Parano, à propos d'un article sur la critique.

«Pour l’immense majorité des critiques, mon avis est assez similaire à celui de l'article. Quand on peut, on le fait, quand on ne peut pas, on enseigne ou on critique. C'est un peu le drame de notre monde. Les talentueux sont d'abord formés par des incapables et critiqués par des frustrés et des envieux.

Reste que la règle comporte un bon paquet d'exceptions. Et j'ai déjà lu des critiques très objectives et argumentées qui non seulement prenaient en compte le genre du film, mais en plus présentait des arguments. Il était alors possible de se dire des trucs du genre "ce critique n'a pas aimé, mais il est probable que moi, j'aimerais". La critique bien faite est utile, elle m'aurait évité bien des navets.
J'ai du mal surtout avec les critiques toujours dans le même sens, qui conchient tout ou, encore pire, qui encensent tout avec un petit sourire niais. Au Québec, la colonie artistique est toute petite, et personne n'ose trop gratter où ça fait mal. Les pires baudruches passent pour des acteurs énormes, les scénarios les plus convenus sont présentés comme de grands moments. Pour bien en remettre, le principal éditeur de journaux possède aussi le plus grand nombre de maisons d'éditions, le plus grand poste de télé, le plus grand magasin de disques et produit Starwarkadémie, ce qui lui donne les contrats de tous ces jeunes débiles qui reçoivent, c'est obligé, les critiques les plus dithyrambiques et voient leurs disques de merde être propulsé au palmarès. Pire que le critique frustré, le critique mercenaire.»

3/20/2009

Adieu Guenevièvre

Michel Grandbois va bientôt perdre une amie.

L'idée m'a frappée aujourd'hui. Dans mon roman, Michel a deux amies. Les deux, comme il se doit, sont amoureuses de lui, et espère sans oser l'avouer qu'il les emportera avec lui dans une obscurité fantasmée et la jeunesse éternelle. L'une est appelée à une destinée extraordinaire, l'autre disparaît sans laisser trop de trace dans le tome deux. La récupérer dans le tome trois représente une corvée. Mieux vaut l'effacer. La faire disparaître.

C'est la première fois, je crois, que je vais faire disparaître un personnage, le sublimer. J'hésite devant l'ampleur de la tâche. C'est pourtant un tout petit personnage. Elle n'a pas une réplique à elle. Mais elle est intégrée à un roman et demi, tout de même. Ce n'est pas comme supprimer un chapitre, chose que j'arrive à faire avec un plaisir tapageur. C'est une opération délicate.

Jusqu'à la deuxième partie du deuxième roman, Guenièvre est comme l'ombre d'Hélène. Elles n'apparaissent presque jamais l'une sans l'autre, et c'est l'Inquisition qui va les séparer brutalement. Pourtant, la disparition de ce drame ne fera qu'augmenter l'intensité dramatique de l'histoire, tant il était perdu parmi mille autres drames.

Et son départ, tout à coup, éclaire tout les deux livres, comme si cette pauvre jeune fille était un nuage qui cachait à lui seul le soleil. Sans elle, l'amour d'Hélène paraîtra plus vrai, plus désespéré. Le elcteur s'y attachera davantage, tremblera plus pu tremblera peut-être. Et je ne sais pas pourquoi.

Adieu donc, Guenièvre. C'était la dernière fois que j'écrivais ton nom.

3/11/2009

De fil en aiguille...

J'ai termné un autre chapitre hier, et presque achevé ma révision des premiers chapitres, pour achever de les mettre au passé.

Avec mes vas-et-viens de temps de narration, ces premiers chapitres ont bien été révisés trois fois chacun. Ils constituent le premier instantané de mon nouveau roman, le moment ou s'installe le suspens. Je crois avoir bien mieux réussis que la première fois. Travailler en même temps à un chapitre situé près de la fin me donne bon espoir de maintenir ce suspens jusqu'à la fin. Dans l'ensemble, je crois que l'histoire est moins riche que dans «La Condamnée», mais que le roman se lira mieux.

J'aimerais dire que c'est le métier qui rentre, mais je crois que Scrivener, le logiciel que j'emploie, y est pour beaucoup. Mine de rien, j'ai déjà remanié en profondeur la structure du livre plusieurs fois, et cela ne m'as pris en tout que quelques minutes. Avoir un aperçu de son travail, de sa progression, se fait en un rien de temps. Et je découvre peu à peu de nouvelles possibilités, comme celle de me référer à tout moment à des documents, des notes ou des illustrations incorporées dans le document. Tout cela me permet d'écrire plus vite, et surtout mieux. De tous les métiers de la création, celui d'écrivain est certainement celui qui réclame le moins d'outils, mais force est de constater que l'équipement joue sur la facilité d'exécution.

La simple possibilité d'écrire à partir de n'importe quel point est fantastique. L'histoire est déjà écrite, sur des dizaines de petites fiches, et il ne me reste plus qu'à choisir dans quelle partie je veux m'immerger et partir de là. Un code de couleur me permet d'identifier rapidement les chapitres entamés mais non terminés, ou ceux qui sont encore vierges.

Bref, si vous êtes écrivain, pensez à acheter cette petite merveille. Depuis deux ans, je n'arrive pas à trouver ses limites.

3/07/2009

Retour vers le passé

Que de temps depuis le dernier message!

Heureusement, si j'écris peu sur mon bloggue, c'est que j'écris beaucoup dans mon roman. La structure est à peu près achevée, et j'ai commencé la rédaction de plusieurs chapitres.

Fait notable, j'ai changé le temps de narration. J'avais commencé par le présent, comme pour «La Condamnée», mais j'ai finalement décidé que cette forme de narration était bien trop contraignante. Je dois donc réviser les premier chapitre écrits et les conjuguer au passé. Les handicaps du temps présent en narration étant ce qu'ils sont, il s'agit plus d'un travail de traduction qu'une véritable adaptation. Le plus que parfait est suremployé, il faudra donc que je révise encore en encore les chapitres ayant subit ce préjudice. Cela me prépare à la véritable épreuve: réécrire au passé La Condamnée, presque entièrement narrée au présent.

L'écriture de ce roman m'amène aussi à abandonner un des choix narratifs fondamentaux de La Condamnée: le flou volontaire concernant le lieu. La Condamnée était un roman dont l'action était entièrement située dans une ville inconnue, sur on ne savait trop quel continent. Cette fois, la monnaie du pays est indiquée: il s'agit de la couronne. Et une allusion de Myriam apprendra au lecteur que le pays a été victime d'invasions Viking. C'est peu, mais c'est beaucoup plus que ce que je donnais dans le premier roman.

Ça et quelques changements vont faire que je vais devoir réviser en profondeur la Condamnée (mais chaque chose en son temps). C'est une excellente chose. Plusieurs personnages vont prendre une résonance particulière. J'ai aussi inventé une nouvelle secte hérétique, les Manichéens, sorte de pendant vampirique aux manichéens historiques. Leur histoire sera directement liée à la Grande Sorcière noire et à la mystérieuse porte d'électrum. Même si ses ramifications seront évoquées dans ce roman, la secte ne sera nommé que dans le quatrième tome.

Bref, du pain sur la planche.