6/07/2008

Nouveau chapitre : l’Orfèvre

Après un important travail de planification (toujours pas terminé, mais qui apporte déjà des fruits intéressants), je retourne au travail proprement littéraire. Me voilà sur un chapitre perdu environ au milieu de l'action, où Hélène et Michel Grandbois rencontrent un orfèvre alchimiste afin de lui faire réaliser leur bagues de fiançailles. Et comme je me sens généreux, en voici un petit extrait ;)

«Vous aussi. Des Bergers.» Il a souligné le mot avec dépit. Il fait partie des initiés. Ceux qui n’ont oublié ni la Grande Chasse, ni la Guerre des Ogres, ceux qui se demandent encore pourquoi le reste des hommes a accueilli avec une placidité ovine l’arrivée soudaine des «anges» qui les saignent. Jusqu’à cet instant, Michel Grandbois faisait partie des siens, les rares bêtes en liberté. Il est passé de l’autre côté.

«Nous n’y croyons pas plus que vous, Francesco. Face à l’Inquisition, nous sommes des enfants apeurés qui ne demandons qu’à survivre.

— Alors le combat continue, de l’autre côté?

— De l’autre côté, le combat commence.»

La mansarde, martyrisée par l’étreinte agressive du gel, remplit le silence comme une commère inquiète.

2 commentaires:

S@hée a dit...

J'aime beaucoup, c'est clair et l'histoire qui supporte cette scène semble bien réfléchie.

Ça donne envie!

Juste un petit commentaire si tu permets... une mansarde ne peut pas remplir le silence... les craquements de la mansarde, maltraitée par... oui.

:-)

J'ai hâte d'avoir des nouvelles de l'éditeur!

Je te lis en silence depuis peu, étant tombée sur ton blog via Boréal (le congrès)...

Philippe Roy a dit...

C'est gentil, merci beaucoup.

Mais je persiste à dire que la mansarde peut remplir le silence, puisqu'elle craque ;)

Bah, ce ne serait pas plus difficile d'écrire «les grincements de la mansarde martyrisés par le gel s'immiscent entre eux, comme pour les séparer» mais je préfère l'image de la commère inquiète :D

Faut dire quel le froid agressif est pratiquement un personnage de l'histoire. Le premier roman était dominé par l'eau et le feu, qui symbolisent la puissance incontrôlable des éléments lorsqu'ils sont déchaînés. Le deuxième portera sur le froid et le chaud, le premier symbolisant la dimension des être tranquilles, luttant pour leur morceau de bonheur et laissant ainsi se réaliser des catastrophes, et le deuxième, celle des insatisfaits qui tentent de changer les choses, au risque de se brûler (je vais prendre, pour un fois, le parti des premiers).

Tout ça est encore un peu nébuleux, mais j'en suis encore au plan.

Encore merci pour les encouragements.